Une citation

UNE CITATION
A slow grin spread across Trent's face.
"I believe it's time for bed," he said conversationally.
"It's not even time for luncheon," she protested.
Her husband's smile hadn't a trace of that quiet darkness he usually carried with him.
"That was a ducal order," he clarified, eyes gleaming.
It was foolhardy to let him know how much she adored that commanding tone, so she just slipped from the table. He grabbed her arms.
My American Duchess - Eloisa James

jeudi 26 juin 2014

Le silence de Grey House de Deanna Raybourn

Tome 1 de la série "Lady Grey"
Milady - Mai 2014
Titre VO : Silent in the Grave
Résumé éditeur : Londres, 1886. Après avoir reçu une lettre de menace, sir Edward Grey s'effondre et meurt en la présence de lady Julia, son épouse, et d'une assemblée de convives. Quelque temps plus tard, Nicholas Brisbane, un détective privé au charme animal, rend visite à lady Julia et lui laisse entendre que son mari aurait été assassiné. Déterminés à démasquer le coupable, tous deux s'engagent dans une quête de la vérité qui se révélera aussi déplaisante que dangereuse...
Personnellement, je suis très fan des policiers historiques, et lorsqu'ils se passent sous le règne de la Reine Victoria, c'est encore mieux.
Autant dire d'entrée que je ne risque pas d'oublier de me procurer le tome 2, et tous les suivants de cette série.
Peu de romance ou de scènes romantiques, mais une histoire d'amour en latence, un peu improbable, nimbée de mystère et de non-dits, de silences et de dangers. Les deux héros, peu à peu, se dévoilent. Nicholas Brisbane est un merveilleux héros, complexe et raffiné, qui garde encore une grande part de mystère à la fin de ce tome. Lady Julia Grey, elle, se heurte à la souffrance des faux-semblants en cherchant la vérité. Or tout lecteur de policier sait que cette quête ne se suffit pas à elle-même, elle est aussi souvent porteuse de désillusions et de drames. Julia, qui tente de se (re)construire une personnalité et une vie après une existence calfeutrée, passée à étouffer en elle toute velléité de ressembler de près ou de loin à ces excentriques de March, sa famille d'aristocrates aux tendances scandaleuses, se demande de quelles couleurs elle parera ses ailes de veuve nouvelle. Un peu éteinte, un peu amère et plutôt désenchantée. En manque de repère. Et pas très clairvoyante, ni sur elle-même, ni sur les autres.
Nicholas Brisbane a su me faire rêver, avec son aura de héros romantique, ténébreux à souhait, cerné de surnaturel, d'intelligence pénétrante et de magnificence, son allure austère, glacée, et colérique, toute en passion rentrée et inexprimée.
L'écriture est très belle, maniant à la fois une espèce de désinvolture très british, un humour ténu et discret, et une verve intérieure dont je me suis délectée à chaque page, jusqu'à la dernière ligne. Le tout encadré de citations lourdes et belles, beaucoup de Shakespeare, dont la plus vibrante clôt pratiquement cette première aventure :
"Car où tu es, là est mon univers."
J'en frémis encore.
Ma question, maintenant, c'est de savoir si je vais me précipiter sur la suite en VO, incapable de me contenir tant j'ai hâte de rencontrer de nouveau l'éclatant Nicholas et la faussement conventionnelle Julia, ou si j'attends la magnifique VF qui rend si bien justice au style de Deanna Raybourn.
Encore une fois, bravo aux éditions Milady qui savent sortir des sentiers battus et nous proposer des textes de qualité.
, 5 / 5

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