Une citation

"He already missed the innate gentleness that she tried to hide. Though she had been jaded in the past few years, it was still there lurking in her eyes, in her smile, and in the tender she touched him with awe, as if she had never considered that what they found together might exist." The Duchess Takes a Husband - Harper St. George
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samedi 19 juillet 2014

Le chant de la louve de Rosanne Bittner


J'Ai Lu - Février 2014 (Réédition)
Titre VO : Song of the Wolf
Résumé éditeur : C'est un spectacle incroyable : deux cents guerriers cheyennes s'avancent en ligne, brandissant vers le ciel leurs lances décorées de plumes. Leurs visages sont peints et leurs torse nus s'ornent de perles multicolores. Louve Bienfaisante n'en croit pas ses yeux. La tribu au grand complet s'est rassemblée en son honneur pour venir la chercher, après deux ans d'exil chez les Blancs. C'est parce que la jeune fille s'est investie de l'esprit des loups que les Cheyennes l'ont envoyée apprendre la langue de leurs ennemis et se familiariser avec leurs coutumes barbares. En dépit de son âge, Louve Bienfaisante est une sage. Mais, pour l'instant, ses yeux cherchent Patte d'Ours parmi les guerriers. Il est là, encore plus beau que dans son souvenir. En songeant qu'elle va devenir sa femme, elle sent une étrange vibration parcourir son corps.
L'histoire
1846. La petite Eau vive a 6 ans, elle est choyée par la vie, entourée d'une famille aimante et se berce de douces rêveries. Lorsqu'elle se retrouve séparée de sa mère, et qu'elle survit, seule, pendant de longs mois,  une expérience inoubliable, de même qu'une rencontre écrite dans ses rêves, marqueront son destin à jamais. Rebaptisée Louve bienfaisante, la jeune cheyenne, au fil des années, participera d'une manière particulière à la destinée de son peuple, le guidant grâce à ses dons de prescience et à la connaissance du monde des blancs qu'elle aura durement acquise au long de deux longues années d'exil.
Tout au long de sa vie, Pattes d'ours, le beau guerrier, sera là pour elle, jusqu'au bout de cette histoire, jusqu'au bout de l'Histoire, au long des drames et des pertes qui jalonneront l'histoire du peuple cheyenne.

Mon sentiment
Je suis enchantée d'avoir lu ce roman qui m'a permis, même dans un cadre très romanesque, de faire connaissance avec le peuple et la culture cheyenne.
Fierté et intégrité, courage et spiritualité, sens aigu de la nature, du groupe, de la solidarité et respect de tous, à travers toutes ces valeurs qui transparaissent au fil de l'histoire, Rosanne Bittner leur rend un vibrant hommage qui fait drôlement mouche. On ne peut que ressentir une très vive admiration pour cette population qui a souffert si injustement des avancées techniques et de la cupidité des nouveaux colons attirés, entre autres, par la fièvre de l'or. Du premier chapitre, situé en 1846, au dernier, trente ans passent, trente ans durant lesquels les conditions de vie faites à cette population semi-nomade vont inexorablement se détériorer.
On lit ce roman sans reprendre son souffle, comme on lirait une épopée, car il s'agit bien de l'évocation d'un déclin. L'histoire d'amour, très belle et bien implantée dans son contexte (rien ne m'a heurtée dans l'histoire de Louve bienfaisante et de Pattes d'ours), s'imbrique harmonieusement dans les événements historiques. Quand la petite histoire illustre magnifiquement la grande Histoire.
Les héros, aussi éloignés de notre culture qu'ils soient, semblent très proches si bien qu'on ne peut que les aimer. Tous deux sont droits et passionnés, imprégnés par des notions très prisées par les cheyennes, comme l'honneur et le sens du devoir, tandis que le lien qui les unit est baigné dans une sorte de spiritualité un peu magique, à l'image du beau tableau nimbé de lumière dont rêve la petite fille au début de l'histoire.
Evidemment, il fallait s'attendre à quelques larmes, et aussi à un petit passage à vide après une lecture aussi intense.
Un sentiment de beauté plein d'émotion, conjugué à l'inéluctabilité de l’Histoire, ont fait de cette lecture un moment fort, un authentique voyage. En tout cas, une inoubliable rencontre.
, 5 / 5

jeudi 27 février 2014

Orages sur la plaine de Rosanne Bittner

J'Ai Lu - Mai 2001
Titre VO : Thunder on the Plains
Résumé éditeur : Construire un chemin de fer reliant l'Illinois à la Californie, à travers la Prairie et les montagnes Rocheuses... Impossible! Lorsque Bob Landers, richissime entrepreneur de Chicago, présente son projet, les objections ne manquent pas: trop coûteux, trop dangereux, irréalisable...Mais Landers est un visionnaire. Rien ne peut l'arrêter. Au printemps 1857, il se lance dans un voyage de reconnaissance du tracé de son futur transcontinental, accompagné d'Elsa, sa fille, une beauté âgée de quinze ans. Pour assurer leur protection, Landers a embauché Nick Travis, un éclaireur d'origine Cheyenne.
Attaques d'Indiens, de pillards ou de bêtes sauvages, rien ne leur est épargné. La moitié du convoi perd la vie dans cette folle équipée. Si Landers et sa fille parviennent sains et saufs à Fort Laramie, ils ne doivent leur salut qu'au courage de Nick Travis.
Peu à peu, Elsa se trouble et tombe amoureuse de l'éclaireur. Mais qu'espérer puisque tout les sépare?
L'histoire
Quand la romance colle à l'histoire des USA, on peut se douter que cela donnera lieu à de belles pages vibrantes. 
Ce roman-là est effectivement de la veine des épopées, où les héros évoluent sur de longues années, tandis que leur amour prend naissance, grandit, s'affermit puis s'épanouit au même rythme que le projet de construction du Transcontinental qui traverse le pays, de Chicago à la Californie.
Mais de 1857 à 1869, les événements historiques ne s'arrêtent pas à cette grande conquête. L'auteur jette aussi son héros, Nick Travis, dans les tourments vécus par les Indiens déracinés (lui-même est un sang-mêlé) et de la guerre de Sécession, tandis qu'Elsa Landers entre de plein pied dans l'ère de la modernité, en femme d'affaire avisée qui évolue au sein d'un univers déjà très urbanisé, avec cette étonnant portrait du Chicago du 19ème siècle et de la conquête industrielle..
Nick Travis rencontre Elsa Landers lorsqu'elle a 15 ans. C'est un jeune éclaireur métisse de 20 ans, instruit, responsable et sérieux, simple dans ses goûts et ses projets : il rêve de se construire une famille, alors qu'il vit plutôt comme un déraciné et souffre de sa solitude.
Elsa est intouchable, car elle est issue de la haute aristocratie des affaires américaines : sa famille côtoie les milieux les plus huppés et les plus influents du pays. Toute jeune fille aussi courageuse que curieuse, elle reste, avec les années, une femme forte qui ne reniera jamais les engagements pris dans sa jeunesse. 
Tout simplement, et très curieusement, ces deux-là se reconnaissent malgré leurs différences, et ils n'auront de cesse, sans vraiment en avoir conscience avant de nombreuses années, de maîtriser assez leur destin pour enfin vivre leur histoire. Pourtant, les rencontres, pendant de longues années, restent éphémères et rares. Mais cela ne m'a pas dérangée tant leur histoire à chacun est habilement écrite.

Mon sentiment
Dans cette romance, rien de convenu ni d'outré. Les sentiments et les sensations sont plutôt évoqués en demi-teinte, le tout ancré dans un formidable contexte, très coloré, peuplé de personnages secondaires forts et très présents. 
Deux mondes se dessinent dans ces pages, totalement aux antipodes l'un de l'autre, celui de l'Ouest et de ses Prairies, celui des hommes encore libres, et celui du monde moderne qui rattrape peu à peu des territoires vierges. Ces deux mondes, qui, par la grâce de ces deux héros justes et touchants, parviennent enfin à se réunir. 
Cette auteur est une découverte pour moi, et si vous aimez les histoires de far ouest et de grands espaces, ce titre mérite d'être lu. Sans compter que ces pages vous feront énormément voyager... malgré cette couverture à la fois hideuse et effrayante ! Il mériterait bien une réédition...
, 75 /  5