Une citation

"He already missed the innate gentleness that she tried to hide. Though she had been jaded in the past few years, it was still there lurking in her eyes, in her smile, and in the tender she touched him with awe, as if she had never considered that what they found together might exist." The Duchess Takes a Husband - Harper St. George
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dimanche 7 juin 2015

The Admiral's Penniless Bride de Carla Kelly


Harlequin - Décembre 2010
Résumé (traduction everalice) : Sally Paul est à la dernière extrémité. Alors qu'elle s'offrait une tasse de thé avec ses dernières pièces, histoire de se donner du courage avant de se rendre dans un foyer d'accueil pour miséreux, elle ne s'attendait certainement pas à se voir proposer le mariage par un complet inconnu.
L'amiral Sir Charles Bridge a mis fin à sa carrière de marin actif - et selon les critères couramment admis, il doit se marier ! Découvrant que Sally a besoin d'un foyer, il lui offre une solution... Ils se marient rapidement. Mais profiterons-ils de leur nuit de noces à loisir?
Ne vous arrêtez surtout pas à la couverture ou au résumé tartignoles, car ce roman est tellement plus que cela !

dimanche 16 février 2014

Mrs Drew Plays Her Hand de Carla Kelly

Signet - Novembre 1994
Résumé éditeur (Traduction everalice) : A la mort de son mari, Roxanna Drew est confrontée à la difficile nécessité de pourvoir aux besoins de ses deux petites filles. Poursuivie par les avances lubriques de son beau-frère, Roxanna sait que son unique espoir de lui échapper est de partir s'installer dans un cottage à l’abandon, dont le propriétaire, Lord Winn, a une réputation déplorable.
Mais lorsque le destin amène Lord Winn à sa porte lors d'une tempête de neige, Roxanna ne sait pas ce qu'elle doit craindre le plus : le laisser entrer dans sa demeure ou dans son cœur.
L'histoire
Si, comme moi, vous aimez ces histoires où les héros, richement dotés d'une vie spirituelle ample, vibrante, humaine, et passionnée, apprennent à s'aimer au cours de scènes à la fois piquantes et tendres, ce roman est pour vous. Ses pages, parsemées de dialogues intérieurs pleins de sagesse, de passion et d'humour, sont un enchantement permanent. Le jeu entamé ici contre - ou avec - le destin est finement parsemé d'embûches, de celles qui s'ingénient à rapprocher toujours plus un couple fantastique et une famille rêvée. 
Lord Wynn, à lui tout seul, en est le principal atout : tendre, d'une patience infinie, à la fois meurtri et sensible, passionné et tout en retenue mélancolique, c'est un misanthrope ouvert à la grâce enfantine et aux faiblesses humaines. Pianiste accompli, il manie le double langage à la perfection et n'a pas sa langue dans sa poche, ce qui donne lieu à des réparties savoureuses tout au long du roman. Cet homme-là sait ce qu'il veut
 "A good woman, Lord. Someone I can trust. Is there one anywhere?"
La main du destin : une rencontre foudroyante, Roxanna, par une nuit d'hiver, de tempête et de désespoir. Ce sera elle, on le sait tout de suite, grâce à ces incessants discours intérieurs qui traversent tout le récit.
"I was a dead man from the moment you opened your door to me at midnight. I should have just put a gun to my head and blown out my brains on your doorstep. I could look at you, watch you for the rest of my life and never get bored. I wonder what you look like when you sleep. When you're angry. When you make love. I would like to know."
Il l'apprivoisera, cette vraie magnifique femme, habitée encore par l'amour de son défaut mari, le magique Anthony, toute en nuances, forte, douce, debout, qui prend les cartes en main sans savoir qu'elle part, inconsciente, à la rencontre du bonheur.

Mon sentiment
Voilà une romance comme je les adore, de celles qui me font fondre, une vraie guimauve, le cœur gonflé de bonheur. 
Certaines scènes sont criantes de vérité, de joliesse, d'humour ou de tension héroïque : la rencontre de Lord Wynn avec Felicity, la plus jeune fille de Roxanna (ah, les enfants de Roxanna, un vrai bonheur !) ; le duo au piano d'un morceau de Mozart ; la traversée jusqu'en Écosse en pleine tourmente ; la bataille de chaussettes ; la première nuit avec la liste d'invités...
Une œuvre magique et magnifique, toute en mélancolie et en passion romantique. Inoubliable pour toute vraie romantique.
 / 5


Summer Campaign de Carla Kelly

Signet - Mars 1989
Résumé éditeur (Traduction everalice) : Miss Onyx Hamilton est sur le point de faire ce que tout le monde estime être un mariage parfait - jusqu'au jour où le séduisant commandant Jack Beresford s'engouffre dans sa vie. Mais il est nanti d'une telle fortune et de telles relations qu'Onyx a bien conscience qu'il ne demandera jamais sa main. N'est-ce pas?
L'histoire
Le résumé ne lui rend pas hommage du tout, à cette petite merveille. Elle est tellement bien plus que ces quelques phrases !
Le Commandant Jack Beresford revient d'Espagne en 1813. Après quatre années de guerre éprouvantes, il ne rêve plus que de retrouver ses proches et sa demeure familiale. C'est sur le chemin du retour qu'il sauvera Onyx Hamilton. Blessé, il est pris en charge par Onyx qui dès lors ne le quittera plus... et c'est le début d'une merveilleuse histoire d'amour. Toute emplie de tendresse, de courage, de compassion, traversée de rires, mais aussi de larmes.

Mon sentiment
Carla Kelly a le chic pour, peu à peu, rendre séduisants des personnages somme toute assez banals : incontournables. Ni Jack, ni Onyx ne sont de ces caractères passionnés, outranciers, ni des grands fauves, ni des ouragans, qui peuplent souvent les Régences. Juste un homme et une femme, chacun meurtris profondément, chacun habités par tant de qualités que mon cœur de lectrice fondait pratiquement à chaque page : le courage,la loyauté, l'intelligence, la finesse, l'humour.
Diablement bien mené, le roman, avec une langue fluide et délicate, m'a subjuguée : j'ai dû le lire en 3 heures, tant j'avais de mal à le poser. Les deux héros, dont je ne dévoilerai pas tous les aspects, sont de ces personnages que j'adore : ironiques, tendres, altruistes, ils sont aussi marqués par la souffrance. Pour l'un, la guerre a été proprement traumatisante, probablement à vie. Carla Kelly, à l'aide de phrases concises et d'images fortes, en fait d'ailleurs bien comprendre la cruauté et l'inhumanité. Jack se livre au fil de l'histoire, et son expérience a de quoi donner des cauchemars aux plus braves.
"I dream in red"
 explique cet homme brisé de l'intérieur, à Onyx. Pour son malheur, il n'est pas au bout de ses peines. De dures épreuves l'attendent au bout de la route du retour. Épreuves qu'il affrontera avec l'aide d'Onyx, en homme responsable et soucieux de faire le bonheur de ceux qui l'entourent.
En elle, il s'est découvert une âme sœur, la seule au monde qui le comprenne, qui lise en lui, qui anticipe ses désirs et ses angoisses.
Onyx Hamilton, quel personnage ! Toute en ombres. Toute en silences. Méprisée, rabaissée, la tête baissée, mais habitée d'une insolente verve intérieure, son image d'elle-même est en friche. Peu à peu, grâce au regard de Jack et à son influence rédemptrice, pleine de charme, de bonne humeur et de sourires, on la voit s'épanouir, puis prendre pied dans la vie. Elle fait preuve de bon sens, d'humour, de modestie, et, mon Dieu, d'un vrai courage lorsqu'il s'agit d'assister les autres.
Leurs relations étincellent, magiques, fines et enjouées. Il ne cesse de l’appeler affectueusement Onyx B. pour "Beresford", la taquine sur sa poitrine, admire la couleur de ses yeux. Il la met au défi. Et surtout ils se font rire, ils se parlent, s'écoutent, se respectent, et se reconnaissent.
Les moments drôles foisonnent, les personnages ridiculement ostentatoires sont, d'un trait de plume, anéantis par leur propre ridicule (il faut vraiment rencontrer le personnage du Révérend Andrew Littletree, poseur verbeux imbuvable pour prendre la mesure du talent de l'auteur !). Cette dynamique gracile et enjouée se brise pourtant pafois : la belle mécanique légère se grippe sous les coups de circonstances tragiques. Et j'ai versé de nombreuses larmes en de nombreux passages. Les personnages secondaires m'ont, à ce propos, fait autant vibrer que les héros.
Ma seule réserve concerne la part faite à l'ascendance mystérieuse d'Onyx. J'aurais souhaité qu'elle le reste, mais genre oblige, j'imagine que l'auteur a dû combler ce blanc.
Cette campagne d'été, c'est la conquête de l'amour d'Onyx par Jack, c'est l'assaut mené face aux démons du passé, ce sont toutes les petites victoires arrachées à la maladie et à la mort.
Un roman sans scène de passion, mais étincelant d'amour, parsemé de touches délicates, de tendresse, de joie et de compassion... Constellé de ces infimes moments, ces petites joies de l'existence si chères à Onyx : un nid de jeunes roitelets accroché sur une fenêtre, un vase bleu, une cuisinière française, un coupon de soie et un piano désaccordé,un roman qui vient de paraître, Pride and Prejudice, que lit Onyx au chevet d'un mourant, un miroir constellé de mousse à raser. Toutes ces petites bagatelles qui donnent du prix à la vie. Et le sentiment d'avoir vécu le temps d'une lecture une rare aventure...
, 75 / 5

With this Ring de Carla Kelly

Signet - Septembre 1997
Résumé éditeur (Traduction everalice) : Le commandant Désastre - Pour Lydia Perkins, il était clair, et ce depuis la première seconde, que ses relations avec le commandant Samuel Reed frôlaient le scandale .
Cet officier outrageusement impudent restait en déplorable compagnie dans un environnement lugubre qui sortait des cadres approuvés par la bonne société. Et encore pire, il n'avait pas un sou en poche. Continuer à le fréquenter ruinerait la plus infime opportunité, déjà bien réduite, de Lydia se trouver un époux sur le marché matrimonial. Écouter sa proposition choquante ne la mènerait qu'à la ruine. S'enfuir avec lui, dans une parodie de mariage, pour un voyage à travers l'Angleterre serait la plus grande folie pour une jeune femme destinée à se marier sagement dans le beau monde.
Lydia peut-elle dire "Oui" et accepter le commandant pour le meilleur et pour le pire, ou risquera-t-elle de perdre le seul homme qui ait jamais fait battre son cœur?
L'histoire
1815. La guerre ravage l'Europe depuis une quinzaine d'année. Elle va se déporter sur la Belgique, où sont appelés désormais les soldats anglais.
Le Commandant Samuel Reed, Lord Laren, fait partie des vétérans durement éprouvés par cinq années de service sur la Péninsule ibérique. Il ne compte plus les batailles menées aux côtés de ses hommes. La dernière, la bataille de Toulouse, a permis de mettre un terme (provisoire) à cette vie meurtrière. Les plus chanceux d'entre eux sont de retour dans une Angleterre si éloignée et si proche à la fois. Les blessés, dont il fait partie, et les mourants de son régiments sont accueillis, bien sommairement, dans l'enceinte d'une vieille église, à Londres. Sam, très proche de ses hommes, refuse d'être cantonné dans les quartiers des officiers. Ce sera là, et pas ailleurs, dans cette puanteur glacial, qu'il se fera soigner d'une très douloureuse et bien dangereuse blessure à l'épaule.
Dans les beaux quartiers, cependant, la vie continue : Lydia a accompagné sa famille, de petits aristocrates issus de la gentry, pour promouvoir la beauté de sa sœur sur le marché matrimonial. Sa mère, véritable dragon tout feu tout flamme, la mène d'une main ferme : maltraitée, continuellement rabaissée, Lydia doit se plier à toutes ses exigences.  Comme une sorte de Cendrillon, elle est dotée d'une jeune sœur incroyablement stupide dont elle ne se fait pas faute, avec un esprit ravageur, de se moquer lors de ses nombreux discours intérieurs.
Or il est de bon ton, dans la bonne société londonienne,  de se vanter d'avoir été rendre visite aux soldats survivants (mais le mouchoir parfumé collé au nez, et sans les toucher, tous ces individus hirsutes, puants et souffrants). C'est en accompagnant sa sœur que Lydia fera la connaissance du Commandant, lorsqu'elle se mettra au service d'une cause à laquelle elle n'était pas du tout préparée,si ce n'est par son bon cœur, empli d'humanité et d'empathie. La suite n'est qu'une succession d'intenses et romantiques instants de pure félicité...

Mon sentiment
Les ingrédients, qui font d'un roman de Carla Kelly un idéal moment de lecture, se pressent encore une fois dans ces pages, tricotés serrés dans un scénario riche, chaud et moelleux : une jeune femme honnie par sa famille va épouser un officier blessé. Simple? Eh bien non. Cette romantique aventure m'a fait littéralement fondre  : l'évolution de Lydia est retracée avec maestria, une vraie bataille pour cette jeune femme étouffée par des années d'humiliation.
Quels héros, profonds et nuancés, brillants, courageux, et qui vont se révéler au fil des pages comme deux êtres que tout destinait à s'unir : des héros qui se parlent beaucoup, se poussent l'un l'autre au dépassement de soi,  s'apprécient et s'admirent immédiatement.
Quel talent pour transmettre aux lecteurs ces sentiments d'empathie, de tendresse, de souffrances, de joie et de chaleur ! Le Commandant Reed est délectable, à la fois fort et autoritaire, et si vulnérable, tout en finesse et en intuition. Exactement le genre de héros qui me fait craquer : un héros imparfait, comme tout être de chair et de sang, qui a peur de la souffrance physique, qui sait se retrancher derrière d'ineffables mensonges, un charmant manipulateur  qui a menti sciemment à sa mère pendant de nombreuses années, et qui n'hésite pas à jouer de ses belles paroles. A ce propos, certaines scènes sont juste adorablement drôles : il faut le voir broder autour du thème de la mort de son enfant (imaginaire) en face de la mère supérieure d'un couvent pour y croire ! La virtuosité de l'auteur, d'ailleurs, consiste, entre autre chose, à savoir magistralement mêler, sans en avoir l'air, le rire, voire le grotesque, au drame. Certaines scènes m'ont fait passer du rire aux larmes en une fraction de seconde.
Pour les scènes d'amour, elles restent très elliptiques, mais, encore une fois, cela ne m'a pas dérangée, car l’intérêt physique qui s'éveille et la passion sont bien là, exprimés différemment, certes, à petites touches et d'une manière très subtile.
J'ai regretté que certains aspects ne soient pas plus exploités, faute au format sans doute : l'arrivée de Maria et les relations qui se nouent avec Sam et Lydia, le devenir de la vilaine famille (on a juste une lettre du père à la fin), ou l'évolution des échanges avec les habitants du village qui accueille nos héros, le chirugien ou Me et Miss Innis, les aubergistes.
Mais encore une fois, des rires, des larmes, des instants d'épouvante (la guerre, encore évoquée, et les blessures physiques, un thème récurrent chez Carla Kelly), des personnages secondaires, surtout dans la deuxième partie, qu'on a envie de serrer dans ses bras, bref des serrements de cœur à n'en plus finir, et une envie incontournable de tourner les pages. Et surtout, de ne jamais les quitter, ces héros ordinaires, ces magnifiques créatures...
J'avoue que je n'avais qu'une envie : attraper un autre roman de Carla Kelly et continuer sur ma lancée. Mais je me réserve...
, 5 / 5