Une citation

"He already missed the innate gentleness that she tried to hide. Though she had been jaded in the past few years, it was still there lurking in her eyes, in her smile, and in the tender she touched him with awe, as if she had never considered that what they found together might exist." The Duchess Takes a Husband - Harper St. George
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lundi 3 mars 2014

The Spare de Carolyn Jewel

Leisure Books - 2004
Résumé éditeur (Traduction everalice) : Le capitaine Sébastien Alexander est La doublure, mais en tant que cadet, il a hérité de bien plus que d'un titre après le meurtre de son frère aîné. Il est entré en possession d'un domaine familial assorti d'un sombre secret qui met sa vie en danger. Il se lance dans une enquête qui lui permettra de venger son frère. Mais, ce qui est le plus troublant , c'est sa rencontre avec une magnifique beauté aux cheveux auburn qui est soit un témoin candide, soit une séductrice sans vergogne.
Trois jours de la vie d'Olivia Willow sont tombés dans l'oubli. Elle avait été invitée lors de la nuit du meurtre à Pennhyll, mais à présent, elle ne se souvient plus de rien. Le nouveau comte est décidé à lui faire recouvrer la mémoire. Il la charme, il la captive - il fait feu de tout son esprit avec elle. Bientôt, au lieu d'échanger des piques, ils partagent des baisers, et au lieu de se pencher sur le passé, ils se battent pour leur futur.
Les deux héros sont ici des "spare", autrement dit des pièces de rechange, des roues de secours, des pis-aller.
Sebastien Alexander, le nouveau comte de Tiern-Cope, depuis la mort de son frère, est un homme glacial, hautain et autoritaire, solitaire et méfiant. Mais c'est aussi un véritable héros de guerre qui a consacré sa vie  à sa carrière d'officier. Souffrant de séquelles graves dues à de terribles blessures, qui lui occasionnent de grandes souffrances assorties d'un état de fatigue permanent, il ne rêve que de reprendre la mer. Retrouver toutes ses facultés physiques pour repartir à l'assaut et voguer sur toutes les mers du monde. S'il est revenu dans ce magnifique domaine situé aux frontières de l'Ecosse, chargé d'histoire et de traditions, c'est pour épouser une femme qui lui donnera l'héritier requis tandis que lui se hâtera de retourner sur ses chers vaisseaux. On s'en doute, il ne se gargarise pas de grandes envolées lyriques et romantiques. Pragmatique, il reste assez démuni question langage fleuri.
Olivia, elle aussi est la dernière roue du carrosse, invitée au domaine parce qu'il manquait une personne de sexe féminin. Et c'est peu à peu que l'on découvre l'histoire dramatique et touchante qui la relie à la famille Tiern-Cope. Courageuse et les pieds sur terre, elle fait face avec fermeté aux aléas de sa vie. Sebastien, elle l'a rêvé, au cours de ses années de service, au travers des lettres échangées entre les deux frères, puisqu'Andrew, le comte de Tiern-Cope à l'époque, partageait avec elle une belle amitié sans faille. On retrouve d'ailleurs là un thème cher à l'auteur, celui de la place du frère, le double, l'autre, le même et le différent, très bien exploité. De la même façon, la romance ne va pas de soi, puisque Olivia est courtisée par deux autres hommes et que ses choix ne semblent pas si évidents.
Une atmosphère particulière traverse aussi ces pages : le fantastique fait une incursion dans le château, et j'ai vraiment adoré ces nombreux passages où les héros naviguent entre rêves et réalités : résurgences du passé - avec la perte de mémoire et les souvenirs enfouis - cauchemars et hallucinations divers, fantasmes ou réalité, les frontières se brouillent parfois. Et j'ai adoré cela : les scènes sensuelles, par exemple, n'en ont pris que plus de relief, comme des moments embrumés et sublimés.
Pas de libertin repenti ici, contrairement aux autres romans que j'avais pu lire, mais une forte histoire bien ancrée dans un décor majestueux et une vraie atmosphère.
En somme, une belle découverte.
J'aime définitivement cette auteur.
, 75/5

dimanche 2 mars 2014

Not Wicked Enough de Carolyn Jewel

Tome 1 de la série "Reforming the Scoundrel"
Berkley - Février 2012
Résumé éditeur (Traduction everalice) : Lorsque Lily Wellstone se rend dans le domaine de Bitterward pour réconforter son amie Caroline (en fait, elle s'appelle Eugenia dans le roman) qui vient de perdre son mari, elle n'avait certainement pas la tête à une rencontre.
En fait, Lily, qui est à la fois malicieuse et réfléchie, s'est sentie amusée en chemin lorsque un bohémien lui a offert un magnifique médaillon, prétendant qu'il prendrait au piège les désirs romantiques d'un inconnu. Mais le destin a d'autres plans en la personne du rude et très beau frère d'Eugenia, le Duc de Mountjoy. Un jour passé à Bitterward, et Lily ne peut nier l'attraction crépitante qui existe entre elle et le fringant duc. Rien ne peut arriver, c'est certain. Elle n'est pas en quête d'aventure amoureuse, et il est pratiquement fiancé.
Mais, que cela vienne de sa nature extravertie ou de la façon dont le duc, étrangement, la provoque - ou de la magie qui émane du médaillon mystérieux, - leurs cœurs s'émeuvent , sans qu'ils s'y attendent, d'une manière diabolique...
L'histoire
- Am I too wicked, your grace?
- My love, if I may be honest...
-Please.
- You are not wicked enough.
On a bien affaire à une histoire plutôt simple, mais, comme nous le confirme ce joli dialogue, mais très sensuelle : Lily, une jeune femme célibataire de 26 ans, rencontre le frère aîné de sa meilleure amie. Entre eux, c'est immédiat : l'attraction crépite- due au fameux médaillon? A vrai dire, on s'en moque.
L'enjeu, c'est ce qui va se développer entre eux, de leur première rencontre (scène prodigieuse où les deux héros, trempés par une averse, s'observent dans l'ombre du hall) à la fin, prévisible, mais ô combien satisfaisante, où les héros se décident enfin à admettre leurs sentiments, au-delà de cette attraction ravageuse.
Her smile was an invitation to sin, and he was feeling very much inclined to sin right now.
Le sort en est jeté. Et il ne leur faudra pas longtemps pour se lancer dans une aventure... très épicée. Or cette auteur a un vrai don pour  écrire de magnifiques scènes d'amour, développées (elles courent parfois sur plusieurs pages) et inventives, où l'héroïne prend souvent l'initiative et se montre très entreprenante. Sans parler de leurs pensées intérieures souvent très lascives.
Ils sont tous deux assez atypiques dans l'univers romantique : Lily n'est ni veuve, ni oie blanche, et ayant déjà connu la passion amoureuse avec Greer, mort depuis cinq ans maintenant, elle se prête de tout cœur à cet appel sensuel. 
Vive et appréciée de tous, elle est extrêmement charnelle : elle se délecte de mets délicieux, elle apprécie les beaux atours, les meubles raffinés, la peinture, les jardins, et plus que tout, le corps de son amant. Insomniaque, elle ne s'endort qu'aux premières heures de l'aube. Dotée d'un aplomb incroyable, elle est aussi tout en générosité.
Le duc de Mountjoy (dont on ne connaîtra jamias le prénom) n'est pas né duc, puisque ce sont les aléas de son arbre généalogique qui l'ont conduit à la tête de son duché, depuis une bonne dizaine d'années maintenant. Dans son ancienne vie, il était fermier, et, s'il est suffisamment policé pour se conduire en vrai gentleman, certains signes font de lui un être à part dans la haute société. Indifférent aux normes vestimentaires ou à l'impression qu'il donne de lui-même, il se moque complètement de l'opinion des autres, car il est tout à ses devoirs. C'est d'ailleurs par devoir qu'il a prévu d'épouser une jeune femme de son entourage, même s'il se rend compte qu'elle lui reste tout à fait étrangère.
Sa rencontre avec Lily est un véritable coup de tonnerre dans sa vie très ordonnée, et elle l'assomme un peu comme un coup de massue. En proie à une irrésistible passion, il n'essaie absolument pas d'y résister, et l'entretient même assidûment sans trop savoir où elle va le mener. Son évolution tout au long du roman est magnifique, car du statut d'homme séduit, Mountjoy passe à celui d'amoureux. Et c'est vraiment très bien décrit.

Mon sentiment
Le ton est vif et percutant, l'écriture enlevée, et les héros ne cessent de se provoquer, de s'évaluer, et de faire usage du double sens (ce qui crée un délicieux sentiment d'érotisme latent). Quand ils sont ensemble, et ils le sont souvent, c'est un feu d'artifice, inflammable, et hautement explosif.
Les personnages secondaires sont tous très bien rendus , chacun prenant toute sa place dans l'intrigue. On en retrouvera d'ailleurs certains dans le tome 2.
Certaines scènes m'ont aussi bien fait rire (l'encre phosphoresecente, Mountjoy et son valet Eliott lors d'une discussion autour de la garde-robe de sa Grâce ou de la place des petits cailloux et d'une échelle lors d'une déclaration d'amour). 
Une réserve quand même, qui ne m'a toutefois pas empêchée d'aimer cette histoire, tant les qualités ont fait fi de ce défaut : si je me remémore toute l'histoire, en fin de compte, je ne comprends pas très bien ce qui les sépare (les obstacles entre eux ne sont pas assez exploités à mon avis).
En bref, j'ai passé un délicieux moment de lecture.
, 25 / 5

Not Proper Enough de Carolyn Jewel

Tome 2 de la série "Reforming the Scoundrel"
Berkley - Septembre 2012
Résumé éditeur (Traduction everalice) : Le marquis de Fenris a aimé Lady Eugenia dès l'instant où il a posé les yeux sur elle. Cinq ans auparavant, l'orgueil l'a conduit à provoquer son hostilité. A présent, elle est veuve et il est décidé à s'amender et à gagner son cœur. Mais, en raison de leur attirance presque explosive, saura-t-il résister à son désir assez longtemps pour la courtiser convenablement?
Après la mort de son époux bien-aimé, Lady Eugenia Bryant s'est rendue à Londres pour reconstruire sa vie. En dépit du médaillon qu'elle a reçu en cadeau et dont le pouvoir permettrait à son propriétaire de rencontrer le partenaire idéal, Eugénia est persuadée qu'elle n'aimera jamais de nouveau. Et pourtant, au milieu du tourbillon des fêtes au cours desquelles elle chaperonne une jeune amie pour sa première Saison, elle découvre une seconde chance de bonheur. Malheureusement, le marquis de Fenris menace sa paix nouvellement acquise.
Eugénia déteste cet homme, mais ce bel héritier fortuné d'un duché est bien plus charmant qu'il ne devrait l'être. L'entourant constamment,, cette canaille lui trouble le cœur, en la charmant et en la scandalisant. Et lorsque leurs relations prennent un tour hautement inconvenant, Eugenia se demande si ce mauvais choix n'est finalement pas le meilleur.
L'histoire
Après plusieurs années de veuvage, Lady Eugenia Bryant, à peine sortie de son deuil douloureux, a du faire face au marquis de Fenris dans le tome 1, le meilleur ami de son défunt mari. Il l'avait, lors de son mariage, profondément offensée en la traitant de bonne fille de campagne, une moins que rien, en quelque sorte et toute la bonne société en avait fait des gorges chaudes.
De ce fait, il l'insupporte viscéralement. Elle le hait, elle le craint, elle veut l'ignorer.
Cet aristocrate de haute volée, héritier d'un duché, imbu de lui-même et sûr de lui, dont les avis sont respectés, ce parangon d'élégance et d'arrogance, n'est qu'un être froid et dénué de cœur. Jamais elle ne pourra lui pardonner. Mais c'est sans compter sur la force magique du médaillon que lui a offert son amie Lily : ce médaillon qui promet à son porteur de rencontrer l'amour. Ni sur la persévérance et l'acharnement qu'il mettra à la conquérir.
Car dans ce tome 2 qui s'ouvre à Londres, sur un... magnifique rêve érotique dans lequel Lord Fenris, qui vient d'épouser Lady Eugenia, fait la promesse à son ami défunt de toujours la chérir et la protéger, pas de grand suspens. Non. On sait d'entrée que ce livre sera l'histoire d'une conquête : Lord Foxman Talbot, marquis de Fenris se met en campagne, et monte à l'assaut de la femme très aimée, prêt à tout, pour vaincre ses réticences et ses préjugés, et pour, comme souvent chez cette auteur apparemment, se faire pardonner ses erreurs passées.
C'est là qu'il lui faut trouver le juste milieu, la juste distance, entre ce qu'il veut laisser percevoir et ce qu'il souhaite réellement : il veut l'épouser. Et pour cela, il lui faudra manœuvrer entre les récifs qui entourent cette femme qui le rend fou, mais qui, jusqu'à pratiquement la dernière page, le taxe de pensées détournées et retourne ses actions et ses paroles contre lui. Le renvoie à l'amour qu'elle éprouvait pour son amour défunt. Pour vaincre ses réticences, il la déstabilise, il la scandalise, il la provoque. Il l'entoure et il la couvre de tendresse et de passion. 
-Don't be wicked.
-Why not?
She met his eyes, and for a heartbeat, she had no breath.
-Because it's not proper.
- What would be proper enough for you?
She send him a killing look. What wouldn't he give to die in her arms again?
- You may say you want a proper man (...) but, darling Ginny, you respond to me when I'm not proper enough. By God you do. Don't deny it.

C'est vrai que le marquis est un être réservé, qui aime dominer et gagner, naturellement dédaigneux, et le refus qu'elle lui oppose ne fait qu'exacerber sa volonté de vaincre. Mais il lui arrive souvent de ne pas contrôler ses paroles, dans le passé des mots d'insulte, à présent des mots d'amour qui le laissent démuni et vulnérable.
Sa belle, elle, s'acharne à ne pas vouloir entendre parler d'amour, elle le blesse et le fait profondément douter de lui-même. Toutefois, j'ai vraiment aimé la façon dont Eugenia évolue, car on la voit passer imperceptiblement de la haine à l'estime, puis à l'amitié, l'affection, l’intérêt, et enfin l'amour.
Et ce qui est toujours étonnant (c'est aussi apparemment le cas dans les autres romans de cette auteur), c'est que leurs relations évoluent en même temps que leur passion physique s'épanouit, dans une alchimie explosive, lors de rencontres extrêmement sensuelles. Car, si elle estime ne pas pouvoir l'aimer, elle entretient avec lui une relation volcanique. 

Mon sentiment
C'est vraiment un roman très bien écrit, avec des dialogues et des interactions vives et sensuelles entre les deux héros. Je me suis vraiment sentie malheureuse à certains moments pour Lord Fenris, et j'étais anxieuse de le voir triompher de cette Eugenia si impitoyable. En cela, c'est vrai que l'intrigue ressemble à celle de Aimer encore, bien que le passé des héros ne soit pas du tout le même, mais la construction du roman est ici plus linéaire. J'ai adoré la romance secondaire, très originale, même si j'aurais aimé qu'elle soit plus développée à la fin. Sans parler de Lord Aigen, un magnifique écossais en quête d'épouse -Caroline Kirk, la belle-soeur de Lily et Mountjoy? -, à la bouche fleuri et au charme ensorcelant.
, 5 / 5


vendredi 28 février 2014

Lord Ruin de Carolyn Jewell

Edition originale  : Leisure Books - Novembre 2002
Réédition Kindle - Décembre 2013
Résumé éditeur (Traduction everalice) : Pourra-t-elle offrir son cœur au plus illustre débauché de Londres?... Le Duc du PéchéLe Duc de Cynssir ne croyait pas en l'amour. Il avait prévu de se marier avec une beauté. Mais une nuit de passion inoubliable fit de lui un autre homme - un homme enchaîné à une vieille fille à lunettes. Les longues jambes d'Anne Sainclair l'a rendu fou de désir et sa vivacité d'esprit l'ont mis au défi. Perdu pour les autres femmes, le célèbre débauché ne peut faire qu'un seul choix : courtiser sa femme. Pour gagner sa confiance, cependant, il ne faudra rien de moins que lui prouver son amour.
La divine Sainclair... Anne Sainclair avait juré de protéger sa soeur de l'infâme Lord Ruin. Mais elle n'avait pas prévu de sacrifier sa propre vertu. Obligée de se marier avec ce débauché, elle se jure de ne jamais lui abandonner son cœur. Mais Ruan idôlatre son corps et attache une grande valeur à son intelligence, lui donnant envie de succomber à la tentation ultime : tomber amoureuse de son époux. 
L'histoire
Ruan Bettancourt, duc de Cynssyr, n'usurpe pas son surnom de Lord Ruin ou de Unsincere Cynssyr. Briseur de cœur indifférent aux soupirs féminins qui le suivent dans tous les salons, il ne se préoccupe que de son bon plaisir, coureur insatiable qui ne croit pas en l'amour - tout en menant brillamment sa carrière professionnelle au service du gouvernement et en entretenant des relations solides avec ses deux amis très choisis, Devon et Ben.
L'un d'eux, Benjamin Dunbarton, baron d'Aldreth, est marié à Mary Sinclair (leur histoire, préquel d'une série autour des sœurs Sinclair, est en cours d'écriture). Dev, quant à lui, est tombé amoureux, quatre ans auparavant, d'Anne Sinclair, le vilain petit canard de cette famille de sœurs Sinclair toutes plus belles les unes que les autres (Lucy, adorablement empotée, dont on devine qu'elle vivra une belle histoire avec Lord Thrale et Emily, la cadette, féérique et déterminée, dont l'aventure qui l'attend avec Devon est ici annoncée).
Bref, me voilà partie dans les personnages secondaires, et, oui, je ne cacherai pas que j'ai adoré cette galerie de portraits tout très séduisants, et ces personnages habilement mis en scène me mettent l'eau à la bouche quand je pense aux tomes à venir .
Anne Sinclair, l’aînée des sœurs,  est une jeune femme peu féminine qui se destine au célibat. Aussi effacée qu'une porte et rabaissée par son propre père qui la méprise royalement, complexée et un peu amère, mais tendrement aimée par ses sœurs, elle n'a, en tout cas, rien des appâts dont Lord Ruin aurait pu faire son ordinaire.
Car Lord Ruin, flamboyant dans tous les domaines, est attiré par ce qui brille : le meilleur, dans tous les domaines. 
Sauf que l'improbable se produit. Et il se produit dès le début du roman, dans ce genre de scène à la sensualité exacerbée dont Carlyn Jewel a le secret. Dès lors, voilà nos deux héros en but à une destinée à laquelle rien ne les avait préparés. 
To the devil with her.
Thus did the Duke of Cynssyr so deservedly referred to as Lord Ruin, dismiss the woman whom he would soon be desesperatly in love.
A partir de là, on devine que le destin des héros se trouve chahuté par toutes sortes d'impératifs, sociaux, sensuels, psychologiques et intellectuels, qui les perturbent et les désorientent, surtout elle, car lui, très vite, reconnaît son addiction, presque maladive, qui le lie au corps, puis, bientôt, à l'esprit de sa femme. Cet amour-là, innommé pendant plusieurs chapitres, le fait changer radicalement. C'est alors que le libertin se dompte sous nos yeux, dans une évolution pas à pas dont j'ai apprécié les étapes.
Et elle? Elle est farouche... Forcément, il y a de quoi se méfier ! Et, si elle manque de caractère par rapport aux autres héroïnes de l'auteur - j'ai trouvé que sa personnalité restait un peu floue, dommage, elle ne rend pas les armes facilement (il faut attendre les dernières pages, en fait). 
Toute l'intrigue amoureuse se double, dans ce roman, d'une intrigue policière très intrigante et assez sordide autour de l'enlèvement, du viol et du meurtre de plusieurs jeunes femmes de la bonne société. Ce volet-là donne donc lieu à des scènes d'action et à un climat d'insécurité qui n'était pas présent dans les autres volumes. J'avoue que ce n'est pas ce que j'ai préféré.

Mon sentiment
Pourtant, j'ai dévoré, encore une fois, ce roman de Carolyn Jewell. En véritable midinette, je dois aimer les libertins repentis, de ceux qui hantent les quatre romans que je connais de cette auteur, mais tous ont des profils et des histoires très différents, et j'adore ce genre de variations sur un thème. 
 / 5


mercredi 26 février 2014

L'indiscrétion de Carolyn Jewel


J'Ai Lu - Septembre 2013
Titre VO : Indiscreet
Résumé éditeur : Après une déconvenue sentimentale, le marquis de Foye a juré de ne jamais se marier. En Turquie, il fait la connaissance de Mlle Sabine Godard, une jeune fille de bonne famille qui a dû fuir Londres et ses ragots. On y chuchotait en effet qu'elle s'était laissé séduire par un aristocrate. Or le marquis est bien placé pour savoir qu'il s'agit de viles calomnies, et il tombe sous le charme de cette délicieuse jeune fille. Hélas, Sabine se méfie désormais de tous les hommes. Ce qui ne l'empêche pas de tomber dans les griffes des plus mal intentionnés...

Lu en VO.
L'histoire
Malgré les différences d'âge et de classe, et les réserves, qui d'entrée de jeu, les destinaient à passer l'un à côté de l'autre, Sabine et Foye ont cette chance infinie de s'accepter tels qu'ils sont, l'une très jeune et très jolie, fraîche comme un cœur, tandis que l'autre est déterminé, à 38 ans, à finir ses jours seul.
Sabine est une jeune femme très intelligente, une véritable intellectuelle, et si elle a été malmenée en Angleterre à cause de mensonges immérités, elle va de l'avant en se dévouant à son oncle vieillissant qui prend soin d'elle. D'abord désarçonné, Lord Foye sent son intérêt s'éveiller, et il ne tarde pas à tomber amoureux.
Tous deux ont rapidement une compréhension très intuitive de la valeur de l'autre, avec une complicité innée. Et leur histoire d'amour ne va cesser de se développer, dans une grande aventure pleine de romantisme et de dangers, au fil de leur fuite à travers la Turquie et la Syrie, pour se clore en Angleterre.

Mon sentiment
Décidément, Carolyn Jewel a le chic pour, mine de rien, et d'une façon tout à fait subtile, écrire des romances historiques qui sont bien du Carolyn Jewel, reconnaissables parmi les autres auteurs.
Je n'ai pas encore très bien compris à quoi c'est du. Elle prend son temps pour développer les caractères et les intrigues, qui restent souvent dans le domaine du possible : elle ne nous entraîne pas dans des aventures abracadabrantes, et pourtant, ce roman est parsemé de périls, de fuites, de sauvetages, et de fausses nouvelles. Elle ne manie pas la passion à la louche, mais à touches subtiles, en assaisonnant le tout d'un amour qui s'exprime dans des dialogues fins et vivants, des rencontres sensuelles intenses et des espoirs simples, que seuls des événements dramatiques empêchent les héros de concrétiser.
Ses caractères sont forts, tendres, intelligents et droits, ce sont des héros cohérents et attachants, pétris de respect, d'honneur et de loyauté. Lord Foye ne se prend pas pour un éphèbe, il en est loin, d'ailleurs, ce géant tout en force au visage abrupt qui ne cesse de se remettre en question dès lors qu'il s'agit d'amour. Mais cet homme tout en délicatesse et en courage, solide et déterminé, va combattre tout au long de l'histoire pour faire de cette ultime et incroyable chance de bonheur une réalité.
A la lecture de cette histoire, je n'ai tout simplement pas vu le temps passer. Et, alors que je craignais un peu d'être ennuyée par les aspects orientaux du roman, qui ne sont pas toujours très bien traités en romance, je trouve, ici, le dépaysement a coulé de source en procurant à cette magnifique histoire d'amour un cadre à l'exotisme parfait. Quant aux héros, ils m'ont carrément séduite. Je suis enchantée par cette lecture...
, 5 / 5