Une citation

"He already missed the innate gentleness that she tried to hide. Though she had been jaded in the past few years, it was still there lurking in her eyes, in her smile, and in the tender she touched him with awe, as if she had never considered that what they found together might exist." The Duchess Takes a Husband - Harper St. George
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dimanche 10 juin 2018

Noves hâtives de Anne Gracie

Tome 1 de la série Mariages de convenance
A paraître chez J'Ai Lu en Juin 2018
Titre VO : Marry in Haste
Résumé Désormais lord Ashendon, le major Calbourne Rutherford quitte l'armée pour s'occuper des affaires familiales. Non content de découvrir que ses deux jeunes sœurs, qui vivent avec leur tante à Bath, font les quatre cents coups, voilà qu'il récupère une nièce sortie de nulle part, qui se révèle une vraie sauvageonne. C'en est trop pour un seul homme ! Il n'a pas le choix, il lui faut d'urgence trouver une épouse capable de mater cette jeunesse turbulente...
Ainsi le major demande la main d'Emmaline Westwood, la vieille fille qui enseigne au pensionnat voisin. Bien sûr, c'est un mariage de raison mais, sous ses airs guindés d'institutrice, Emmaline cache une nature sensuelle qui va bouleverser tous les a priori de Cal...
Lu en VO.
J'aime bien les histoires de mariage arrangés. Je trouve qu'il faut pas mal de subtilité pour que la romance tienne la route, que les personnages évoluent avec assez de vraisemblance de l'indifférence, voire l'amitié, à l'amour, sans que le scénario s'englue dans des situations archi-convenues car le pitch est un classique du genre en historique.
J'étais en plus curieuse de retrouver Anne Gracie qui est une auteur un peu inégale, et donc j'avais vraiment envie de me faire une idée sur cette nouvelle série.
Bien m'en a pris !

dimanche 25 mai 2014

The Autumn Bride d'Anne gracie


Berkley Sensation - Janvier 2013
Finaliste catégorie Historical romance aux Rita Awards 2014
Résumé éditeur (traduction everalice) : Abigail Chantry est une gouvernante qui fera tout son possible pour sauver sa sœur et ses deux plus chères amies de la ruine, même s'il s'agit de s'introduire dans une demeure vide avec l'espoir d'y trouver des objets à revendre. A la place des trésors convoités, elle découvre la propriétaire, Lady Beatrice Davenham, alitée et abandonnée à elle-même. Horrifiée, Abby renvoie les barbares serviteurs de Lady Beatrice et, avec la coopération pleine et entière de la vieille dame, les quatre jeunes femmes deviennent ses nièces, faisant ainsi table rase de tous leurs motifs d'inquiétudes.
La situation est parfaite, jusqu'à l'arrivée du neveu de Lady Beatrice, Max, le séduisant et très arrogant Lord Davenham, de retour d'Orient, qui découvre qu'une imposteur dirige sa maisonnée...
Ces deux opposants aussi entêtés que passionnés ne s'attendaient pas à un tel imbroglio romantique, mais tomber amoureux peut être aussi inévitable que la chute des feuilles en automne...
L'histoire
Franchement, je me demande bien ce que ce roman fait au milieu de la sélection historique des fameux Rita Awards, surtout lorsqu'on voit quelles pépites y brillent cette année ! The Autumn Bride ne doit pas manquer de qualités pour avoir été retenu, mais personnellement, j'y suis restée très hermétique.
D'abord, l'intrigue ne m'a absolument pas convaincue, sans compter qu'elle a un air de déjà vu avec cette histoire de sœurs / amies associées autour d'un projet commun (cf Les soeurs Merridew). Abby, Jane, Daisy et Damaries sont quatre jeunes filles démunies qui, par sous l'effet de circonstances un rien exagérées, se retrouvent hébergées, en tant que fausses nièces, par une aristocrate sexagénaire abusée par sa domesticité. Le neveu de celle-ci, parti faire fortune en Orient depuis une bonne dizaine d'années, se décide à rentrer au bercail après avoir été alerté par une lettre de cette situation abusive. A peine débarqué, le voilà qui s'en prend à Abby, la tenant pour responsable des abus et des extortions dont sa tante a souffert. Le Grand Malentendu... ne dure qu'un temps. Attiré par la fausse-vraie gouvernante-invitée-nièce, le sieur Max, autoritaire et empétré par des lacunes langagières, ne peut absolument pas se laisser aller à convoiter la demoiselle qui cache, de son côté, bien des secrets. L'honneur lui commande en effet de donner suite à une promesse de mariage faite avant son départ pour les Indes, alors qu'il n'avait que 18 ans. Abby, quant à elle, se méfie fort de ce gentleman qui ressemble beaucoup à un précédent fâcheux qui, alors qu'elle était gouvernante chez une famille de province, aurait bien aimé lui voler davantage que quelques baisers. Méfiance, méfiance...

Mon sentiment
A la lecture du résumé, rien de bien extraordinaire. Mais il arrive qu'un résumé ordinaire et limite soporifique cache un véritable petit bolide, en fonction du traitement fait aux personnages, à l'intrigue, au rythme soutenu ou non des virages, des freinages abrupts, des coups d'accélérateurs ou des patinages en douceur. 
Hélas, ici, pas de divine surprise pour ce premier tome très décevant. On reste en mode poussif, limite rase-mottes. Les chapitres, ambitieux, enchâssés entre de belles citations variées de Jane Austen, s’enchaînent péniblement. Pour tout dire, la rencontre entre les deux héros n'a lieu qu'au chapitre 6, pratiquement au tiers du roman.
L'installation n'en finit plus de s'installer, on n'a qu'une envie, à ce moment-là, c'est de passer enfin en troisième au moins, et de ne plus se cantonner à la description sans fin de la rencontre avec la tante, de l'aménagement des filles, et des histoires des uns et des autres racontées par les uns et les autres. L'ennui me guettait déjà, mais je gardais néanmoins espoir. Ah, ils se rencontrent enfin, Max et Abby. 
Or le roman n'a pas décollé d'un iota. L'histoire est trop convenue, sans surprise et tirée par les cheveux : comment croire qu'une aristocrate au sommet des salons londoniens puisse disparaître du jour au lendemain de la scène mondaine sans éveiller aucune question? Comment croire à cette histoire de quatre jeunes filles débarquant ainsi chez une grand dame de la noblesse? Comment ne pas trouver Max et Abby très naïfs et limite crétins, à se poser sempiternellement toujours les mêmes questions? Et quel bizarre retournement lorsque Max, qui jure ses grands dieux tout au long de l'histoire que son honneur passe avant tout, décide finalement de tout envoyer au diable, tandis qu'Abby nous sert, sur la fin, une diatribe stupéfiante de naïveté sur l'amour éternel qui n'a que faire des différences sociales. 
Autant dire qu'Anne Gracie n'y va pas avec le dos de la cuillère et qu'elle martèle son propos avec la légèreté d'un 38 tonnes.
En résumé : 
*Les héros ne m'ont pas fait rêver du tout, tant leurs scènes à deux sont restées rares et leurs interactions plates.
*Cette impression de remplissage était vraiment pénible, les redites et les reredites sont un truc d'écrivain qui, une fois identifiés, ne pardonnent pas et cassent le rythme. Ça cahote, ça brinquebale, et ça finit par caler.
*On retrouve dans ce roman pratiquement tous les ingrédients qui garantissent le succès : le grand malentendu, la vieille tante excentrique, les domestiques complices, le héros sombre et autoritaire, l'héroïne quelconque et fabuleuse,... mais il manque l'étincelle qui aurait donné un peu de lustre à l'ensemble. Si humour il y avait, ou passion, ou profondeur, je suis passée complètement à côté. Dommage.
*Le héros du tome 2 ne m'attire pas plus que ça : c'est un dandy expansif qui mouline ses paroles comme s'il dévidait un fil à pèche capricieux. Je verrai si je continue la série ou pas. 
Quoi qu'il en soit, je reste encore confondue par cette déception.
 , 5 / 5

vendredi 14 février 2014

Secrets et préjugés d'Anne Barton

Tome 1 de la série "Honeycote"
A paraître chez Harlequin en février 2014
Titre VO : When She was Wicked
Résumé éditeur : Londres, 1815. Couturière dans une boutique de mode de Bond Street, Annabelle accomplit son rêve. Là, au milieu des taffetas, des satins, des soies et des dentelles, elle crée des robes uniques pour les élégantes de la haute société. Mais le rêve s’arrête hélas chaque soir quand elle quitte son travail… Trop pauvre pour payer les soins dont sa mère malade a besoin, Annabelle a en effet cruellement besoin d’argent. A tel point qu’elle n’a pas trouvé d’autre solution (au prix d’un petit arrangement avec la morale) que de faire chanter de riches Londoniens, en utilisant les secrets inavouables et les potins sulfureux échangés à mi-voix par les clientes, dans l’intimité du salon d’essayage. De toute façon, pour sauver sa mère, Annabelle extorquerait des fonds à l’archevêque lui-même !
Jusqu’au jour où le séduisant duc de Huntford la démasque. Terrifiée, Annabelle l’écoute alors exiger d’elle qu’elle mette ses talents de couturière à son service, en confectionnant une garde-robe complète pour ses deux jeunes sœurs. Elle restera sa captive, chez lui, tant qu’elle n’aura pas terminé. A ce prix seulement, il acceptera de ne pas la dénoncer.

Lu en VO

L'histoire
Travailleuse et passionnée par son métier de couturière, Annabelle Honeycote peine à joindre les deux bouts et se priver de la majeure partie de ses repas ne change rien à l'affaire lorsqu'il est question de subvenir aux besoins d'une sœur et d'une mère gravement malade. Résolue à ne pas se laisser vaincre par l'adversité, Annabelle n'a trouvé qu'une solution : faire chanter quelques aristocrates pour quelques dizaines de livres lorsque le besoin s'en fait cruellement sentir. Pourtant, c'est une jeune femme honnête... qui se retrouve pieds et poings liés à la merci du Duc de Huntford lorsqu'il la prend la main dans le sac. Et voilà notre arroseuse arrosée : elle devra coudre une garde-robe complète à chaque sœur du duc sous peine de se voir conduire en prison. Et bien sûr, elle sera assignée à résidence jusqu'à ce que le duc s'estime satisfait.

Mon sentiment
En lisant le résumé, on pourrait s'attendre à des personnages très prédéfinis : la jeune femme indépendante, forte tête et téméraire, le duc arrogant et autoritaire, glacial et péremptoire. Eh bien pas du tout, et c'est cette fraîcheur qui m'a en grande partie séduite... Les deux héros sont aussi adorables l'un que l'autre (comme tout le monde respire la bienveillance dans cette histoire, d'ailleurs), tendres, volontaires sans être obtus, touchants et respectueux des autres. Owen, qui tombe très vite amoureux, est absolument craquant en homme déterminé à tout faire pour le bonheur de son aimée, qui, elle, essaie de garder les pieds sur terre, avec ses tristes robes et ses lunettes perchées sur le nez.
Comme je venais de terminer Dame de cœur... de Cecilia Grant, dont le climat m'avait légèrement plombé le moral, cette histoire-là m'a fait l'effet d'une fraise tagada. Enrobée, sucrée, moelleuse, et addictive... Pile ce qu'il me fallait pour un dimanche pluvieux ! Sans mièvrerie, sans excessive facilité, même si la recette a été mille fois éprouvée, l'auteur, avec une très jolie écriture à la fois fluide et bien charpentée, m'a garanti quelques heures de pure détente. Très rose bonbon, mais que ça fait du bien aussi, une romance sans souffrance excessive, sans fâcherie, sans tromperie, juste quelques cachotteries ou légers secrets... Et la différence de classe bien sûr : oui, le prince et la bergère, cette recette éprouvée des romances Régence, est encore une fois joliment illustrée.
Que ce soit en VO ou en VF, pour ce qui me concerne, c'est certain : je lirai la suite...
 , 25 / 5

jeudi 13 février 2014

Première valse d'Anne Gracie


Tome 2 de la série "Les soeurs Merridew"
J'Ai Lu - Octobre 2006
Titre VO : The Perfect Waltz
Résumé éditeur : Sebastian Reyne cherche une épouse, mais plus qu'une femme, c'est une mère pour ses sœurs qu'il veut. Lady Elinore sera donc parfaite : certes, elle est un peu austère mais elle s'occupe d'orphelins. C'est alors que la pétillante Hope fait irruption dans sa vie et bouscule toutes ses idées...
L'histoire
Industriel du textile au passé douloureux, Sébatsien Reyne s'est construit, avec un sens des responsabilités affirmé, une fortune non négligeable. Par amour pour ses jeunes sœurs, il lui faut dénicher une femme de tête, un dragon pétri de principes, qui pourra leur donner le vernis nécessaire à leur future vie dans la bonne société. Et c'est ainsi qu'il jette son dévolu sur Miss Elinore, une vieille fille uniformément grise de rigidité. Pas de sentiments là-dedans. Que de la bonne et pure raison.
C'est sans compter sur le besoin profondément enfoui de tendresse qui habite cet ours mal dégrossi. Lorsque ses yeux se posent sur Hope Merridew, son cœur fait une dangereuse embardée. Sans comprendre ce qui lui arrive, le voilà ensorcelé par la beauté radieuse de la jeune femme, toute de joie de vivre et de bon sens.  Hope, deuxième de la fratrie Merridew, après Prudence, à retirer de son prénom toute une ligne de conduite : Hope, ou l'espoir combatif, celui qui fait avancer et croire en un avenir meilleur. Or cet homme sombre, à l'aura mystérieuse, pragmatique et bourru, ne la laisse pas non plus indifférente, bien au contraire. Elle s'en rend compte très vite, fine mouche qui reconnaît en lui l'homme de ses rêves. Toute l'histoire est là.

Mon sentiment
Leurs relations sont réellement adorables. Ciselées et un rien aériennes. Charmantes tout en gagnant en profondeur au fil des pages.
Sebastien Reyne, specimen fort fascinant de ces héros abrupts, dans le genre "brute splendide", qui peuplent parfois le monde policé des romances régence, est clairement pour beaucoup dans le plaisir de ma lecture. 
Des personnages avec une vraie psychologie, que ce soit les premiers ou les seconds rôles (les amis - Lord Bemerton et Lady Elinore sont craquants - les sœurs -les Merridew comme les Reyne -, les domestiques, tous très attachants), une romance secondaire adorable et pertinente, un entourage familial solide, affectueux, vivant, et un joli suspens...
Une pointe d'humour, une langue vive et enlevée....
Bref, de quoi passer quelques heures de pure détente !
 / 5


mercredi 29 janvier 2014

Le plus doux des malentendus d'Anne Gracie

Tome 1 de la série "Les sœurs Merridew"
J''Ai Lu - Août 2009
Résumé éditeur : - Mademoiselle Merridew, dites-vous ? Et vous souhaitez voir Sa Grâce ?
Prudence se trouble sous le regard hautain du majordome. Se présenter à l’improviste, à neuf heures du matin, chez un personnage aussi important que le duc de Dinstable est terriblement inconvenant. Mais c’est l’avenir de ses soeurs qui est en jeu. Et à présent, il est trop tard pour reculer...
- Qui est cette charmante visiteuse, Bartlett ? lance soudain une voix masculine.
Un homme vient d’apparaître dans le hall. Grand, brun, il serait plutôt séduisant si sa tenue débraillée et sa barbe naissante ne laissaient supposer une vie dissolue. En outre, Prudence n’aime pas du tout la façon dont il détaille sa silhouette, jaugeant ses formes d’un œil appréciateur. Et dire qu’elle a jeté son dévolu sur le duc de Dinstable en raison de sa réputation d’ermite et de célibataire endurci !
Mon sentiment
Un sentiment général un peu mitigé : les situations ou les caractères manquent généralement de profondeur, mais le tout se situant dans un registre plutôt superficiel, cela passe très bien quand on a envie d'une lecture sans prise de tête !
Jules (personnellement, j'ai eu du mal avec ce prénom tout au long de l'histoire), fringant héros et séducteur professionnel, tout en regards troubles et sourires éblouissants, se déguste comme une bonne petite friandise croustillante, espiègle et impertinent. Ses saillies pleines de charme, d'insolence et d'humour m'ont régulièrement fait sourire -et rire. J'ai clairement succombé, comme Prudence !
L'amour qu'il éprouve pour Prue le rend encore plus attendrissant : il succombe à ses charmes, la parant de toutes les qualités, irrésistiblement attiré par des attraits que lui seul perçoit. Avec son irrésistible insolence, il surnomme l'inconsciente, qui joue avec la vérité quitte à se retrouver dans de drôles de situation, Miss Imprudence. Prudence-Imprudence, ou l'art de distordre la vie pour se frayer un chemin vers le bonheur.
Étonnamment, ce frais petit roman évoque aussi, sans mâcher ses mots, une thématique assez grave sur la condition féminine, et enfantine, en but à la violence domestique.
Le tout est écrit avec assez de maestria pour en faire un divertissement de bonne qualité, même si, à mon avis, les "malentendus" évoqués par le titre prennent effectivement un peu trop de place par rapport à la romance.
, 25 / 5