Une citation

UNE CITATION
A slow grin spread across Trent's face.
"I believe it's time for bed," he said conversationally.
"It's not even time for luncheon," she protested.
Her husband's smile hadn't a trace of that quiet darkness he usually carried with him.
"That was a ducal order," he clarified, eyes gleaming.
It was foolhardy to let him know how much she adored that commanding tone, so she just slipped from the table. He grabbed her arms.
My American Duchess - Eloisa James

jeudi 21 janvier 2016

Au risque du plaisir de Julie Anne Long



Tome 1 de la série Pennyroyal Green
J'Ai Lu  - Janvier 2016
Résumé Au village de Pennyroyal Green, personne n'est vraiment surpris lorsque ce vaurien de Colin Eversea est accusé du meurtre d'un Redmond. Les deux familles ennemies s'entretuent depuis des siècles. Et à Newgate où il attend d'être pendu, Colin sait qu'il est vain de clamer son innocence, car le seul témoin susceptible de le disculper a disparu. Il va pourtant s'évader in extremis grâce à une belle inconnue. Madeleine Greenway dit avoir obéi aux ordres d'un commanditaire anonyme, mais il devient vite évident que celui-ci a l'intention d'éliminer la jeune femme. Dès lors, Colin et Madeleine n'ont plus qu'à unir leurs forces pour tenter de découvrir qui les a piégés. Et, dans l'aventure, leurs destins respectifs vont être sérieusement chamboulés... 

Lu en VO.
Colin, le plus jeune fils de la famille Eversea, mène depuis son plus jeune âge une vie très délurée. Toujours aux quatre cents coups, à tenter le diable au fil d'aventures toutes plus improbables les unes que les autres, il s'en tire à chaque fois sans la moindre égratignure. Sauf qu'en la circonstance, Colin, accusé de meurtre, est emprisonné depuis des mois à Newgate. En fait de légèreté, c'est la corde qui l'attend au tournant du couloir de la sombre prison londonienne. Un destin bien amère pour ce zébulon épris de liberté.

Un destin dont la farouche Madeleine, une mercenaire mandatée par un énigmatique inconnu, le sauve avec maestria.
Dès lors, attachés l'un à l'autre au gré de circonstances très naturellement amenées, les voici menant de front une vaste recherche qui aura pour but de permettre au premier de clamer son innocence et à la seconde de s'engager sur les voies d'une nouvelle vie en Amérique.
C'est le début d'un long et périlleux voyage qui les mènera de villes en villages, de ruelles pitoyables en chemins désolés, de greniers à foin en auberges isolées, au long d'un chassé-croisé éprouvant avec la soldatesque et de mystérieux inconnus qui en veulent à leur peau.
Cette longue déambulation se fait ainsi le prétexte d'une jolie renconrtre. Leurs relations évoluent divinement, passant de la méfiance à l'appréciation débonnaire, de l'admiration au désir physique, de l'interrogation au besoin.
En parallèle, les points de vue des personnages secondaires, riches, complexes et un rien opaques, abondent, ce qui renforce le côté haletant de cette quête de la vérité. On s'interroge : qui est Marcus Eversea? Et quel rôle joue le chef de la famille Redmont? Et les autres membres de cette famille? Et le frère disparu? Et la sœur au caractère bien trempé? Ou comment donner envie à la fois de lire le livre dans son entier et d'en savoir encore plus sur cet univers...
Julie Anne Long a ici le chic pour planter des héros très originaux, en faisant preuve d'autant de légèreté que de finesse. L'un Colin, est joueur, taquin, plein de verve, de fougue et d'énergie, mais il sait aussi manier une intelligence vive et intuitive. L'autre, Madeleine, réservée, farouche, et diablement efficace, reste plutôt énigmatique pendant de nombreux chapitres, ce qui ajoute grandement au plaisir de la lecture. Car sa personnalité se dévoile presque dans la réticence, et cela ne donne que plus de poids au personnage.
La langue de l'auteur se lit avec facilité. Elle s'écoule avec aisance et naturel, ce qui est certainement le signe de son grand talent. Certaines pages diffusent même un certain sentiment de jubilation tant elle coule de source, avec beaucoup d'esprit, toute résonnante d'accents, de timbres, et de bons mots assortis de considérations psychologiques judicieuses, qui rendent très bien la vie intérieure des personnages. Le tout sans lourdeur excessive, avec une grande justesse.
La relation entre Colin et Madeleine reste à la lisière du possible pendant la majeure partie du roman, chacun se définissant comme un être non dépendant de l'autre, chacun avec ses priorités qu'il ou elle évoque périodiquement pour mieux se recentrer sur son objectif. Lui rêve d'épouser sa petite fiancée de jeunesse et de vivre une vie paisible de gentleman farmer. Elle se projette dans un ailleurs de renouveau, sur les terres lointaines d'Amérique, dotée d'un nouveau mari et d'une vie de pionnière. Cette volonté de distance donne d'ailleurs une qualité un rien "oblique" aux sentiments qu'ils partagent, ce qui est une des nombreuses originalité de cette histoire.
Premier opus d'une série fleuve qui a remporté un beau succès outre-Atlantique, le roman plante succintement le contexte, avec ces deux familles, les Eversea et les Redmond, dont l'antagonisme historique remonte pratiquement aux origines de la société anglaise, et dont les membres promettent de belles heures de lecture aux amoureuses de romance historique. Car cette première histoire, malgré mon ressenti parfois mitigé, mais très subjectif - en fait, je n'apprécie que moyennement les "quêtes à étapes" - est une bien jolie entrée en matière qui saura trouver un large public en France.
 J'espère que la traduction saura rendre hommage au texte VO si équilibré et si varié !
, 75 / 5

A noter le manque d'originalité de la couverture de J'Ai LU, puisque l'on retrouve la même femme sur les titres suivants : Indocile fiancée de Christine Merrill (Harlequin) / Scandale en satin de Loretta Chase (J'Ai Lu). 
Et le collier apparaît entre autres sur la couverture de : La maîtresse du roi de Judith James (Harlequin).
J'en oublie certainement !

2 commentaires:

  1. Et me revoici une fois de plus chez toi Everalice! En tombant sur une chronique furieusement alléchante sur la série Pennyroyal, book 4 : What I Did For a Duke, je me suis dis "et si j'allais voir un peu ce que pense cette chère Duchesse au sujet de cette auteur. Va t-elle confirmer que cette série est une pépite?" Dois-je lire les premiers tomes avant le 4 tant attendu? Et une fois encore, me voilà perdue dans une nouvelle liste d'achats....Snif

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  2. Tu es toujours la très bienvenue, Luna ! C'est un tel plaisir de croiser ton si bel enthousiasme ! Nos goûts semblent s'harmoniser bien souvent, non?
    "What I did for a Duke" est le tome 5 de la série. N'oublie pas le tome 3, "Since the Surrender", que j'ai prévu de lire ce mois-ci, bien qu'à reculons tant il est moyennement noté Outre-Atlantique. Ensuite, je découvrirai le tome 4 qui m'attire beaucoup, "I Kissed an Earl". et après... Aaah, je te rejoins : cette série semble aller en se bonifiant ! Ce tome 5 est fort alléchant...
    Je pense que tu devrais - oui, j'ose encore t'induire en dépenses^^ - investir dans les premiers tomes, ne serait-ce que pour te permettre une immersion préalable dans ce monde des Eversea / Redmond lors de laquelle tu croiseras des personnages récurrents, qui de secondaires, se retrouvent à leur tour en pleine lumière. Note aussi que la langue de JAL est vraiment délectable - en tous cas en VO -, et que le tome 2, "Pour un simple baiser", vaut vraiment le détour. Original, frais, à la fois désopilant, caustique et grave... Un beau moment de lecture à la clé ! Ne t'en prive pas ;-))

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