Une citation

UNE CITATION
A slow grin spread across Trent's face.
"I believe it's time for bed," he said conversationally.
"It's not even time for luncheon," she protested.
Her husband's smile hadn't a trace of that quiet darkness he usually carried with him.
"That was a ducal order," he clarified, eyes gleaming.
It was foolhardy to let him know how much she adored that commanding tone, so she just slipped from the table. He grabbed her arms.
My American Duchess - Eloisa James

dimanche 4 mai 2014

Once Upon a Tartan de Grace Burrowes

Tome 2 de la série "MacGregor Trilogy"
Sourcebooks Casablanca -  Août 2013
Résumé éditeur (Traduction everalice) : Tiberius Flynn est peut-être un Lord anglais dans tous les sens du terme, mais Hester Daniel, maline et têtue, n'a que faire de ses manières cavalières - peu importe qu'il soit si séduisant, plein de charme ou si captivant. Tous deux sont seulement d'accord sur l'attention qu'ils portent à la fougueuse petite fille dont ils ont la garde.L'insistance hautaine avec laquelle Tiberius affirme que son prospère domaine en Angleterre conviendrait mieux à l'enfant que sa demeure écossaise adorée éveille en Hester un instinct de protection féroce et chacun campe sur ses positions.
L'histoire
Lorsque Tiberius Lamartine Flynn, comte de Spathfoy, rencontre Fiona, et qu'elle tombe d'un arbre pratiquement sous les sabots de son cheval, son accent écossais prononcé laisse entendre à l'oreille hautement éduqué du comte anglais "fey " (fée) au lieu de "Fee" (son surnom). Sans doute est-ce là l'origine du titre de ce livre? Fiona Flynn, la petite diablotine sans laquelle rien ne serait arrivée...
Fiona, fillette de 8-9 ans au caractère affûté et à la langue dégourdie, est la fille de Mary Frances MacGregor Flynn, la sœur du héros du tome 1 (et accessoirement l'héroïne de la nouvelle intermédiaire). Après un an de mariage, Mary Fran et Matthew Daniel, son nouvel époux, sont partis pour un long voyage de noces sur le continent. Hester Daniel, la jeune tante entraperçue dans le tome 1, en compagnie de la grand-tante Ariadne MacGregor, a la garde de la petite.
Si Lord Spathfoy débarque inopinément dans la demeure écossaise familiale des Daniel, c'est, argue-t-il, pour faire connaissance avec une nièce dont, jusqu'à présent, aucun membre de sa famille n'avait pris la peine de s'informer. Fiona est en effet le fruit d'un mariage, non désiré, à l'écossaise, entre Mary Fran et un vaurien d'aristocrate anglais, le propre jeune frère de Tiberius Flynn, qui a fini ses jours au Canada sans avoir même jamais connu sa fille. Tiberius (Tye) n'a en réalité que faire de cette enfant : s'il vient en Aberdeenshire, commandité par son père, le redoutable marquis de Quinsworth, c'est pour rapatrier la petite en Angleterre, et la préserver ainsi, pense-t-il, de graves négligences. Or Fiona, heureusement entourée de la tribu MacGregor, dont Ian et Augusta, le comte et la comtesse de Balfour, est de loin la plus joyeuse, espiègle et mal élevée enfant qu'il ait jamais rencontrée (si tant est qu'il en ait jamais rencontré).
La première rencontre entre l'homme et l'enfant est un régal : Fee le voit comme une puissance divine, et elle l'appelle "Wrath of God" en son for intérieur (Colère de Dieu). Car Spathfoy est un incroyable personnage. Sévère, très digne, tout en maîtrise, il manie l'anglais d'une voix irrésistible, sur un ton sec, précieux et implacable... les bonnes manières, la correction, la dignité de sa mise et son art consommé de la litote en font un être extraordinairement séduisant. Qui manie à la perfection un humour teinté d'ironie mordante... 
Or Fiona heurte perpétuellement le sens des convenances de son oncle. Les scènes entre eux sont jubilatoires, vibrantes d'esprit, d'humour et de répliques percutantes. Un exemple?
"Shouldn't you be at your lessons?"
"I did my reading lesson. Tell me some big words in French. You have to spell them."
"Here." He passed her a pencil. "Spell this : p-e-s-t-i-l-e-n-t-i-e-l."
"What does it mean?"
"It's french for niece."
Hester Daniel, d'abord décontenancée par cet aristocrate glacial, et si correct, perce bien vite la carapace et, si elle ne le trouve ni très sympathique ni digne de confiance, elle se sent attirée par cet incroyable spécimen de  l'aristocratie anglaise. Hester est une jeune femme qui, sur les injonctions de sa mère, s'est exilée au fin fond de l'Ecosse à la suite d'une malencontreuse aventure sentimentale. Depuis, elle a perdu un peu le goût du futur et se destine au célibat tant elle se méfie de son propre jugement. Mais peu à peu, lors d'un séjour qui ne devait durer initialement que quelques jours et qui se prolonge finalement sur plusieurs semaines, Hester et Tye apprennent à se connaître et lorsque l'un tombe irrésistiblement amoureux, l'autre doit encore être convaincue d e lui accorder sa confiance et son amour.

Mon sentiment
Brillant ! Chaque page de ce livre est délectable. C'est simple, à sa lecture, je pensais à la fois à Loretta Chase et à Liz Carlyle, mâtinées de ces petits quelques choses de très spécifiques que j'ai retrouvés dans les trois livres de Grace Burrowes que j'ai lus jusqu'à présent.
Ses personnages sont vivants, vivaces même, et extrêmement séduisants. L'évolution des sentiments entre eux se fait d'une manière naturelle, chacun semblant peu à peu compléter l'autre, tout en tendresse, en compréhension et en espoirs partagés. Tye a besoin d'Hester pour se libérer de son sens du devoir et de l'honneur exacerbé qui le conduit à faire des erreurs parfois. Pour être lu tel qu'en lui-même, tout simplement. Car Tye est un homme ambivalent, un homme de contrastes, à la fois policé et tentateur, beau parleur et pudique, contrôlé et enjôleur. C'est un homme complexe, méfiant, charmeur et... triste. Sa voix, écrite seulement, bien sûr, est une pure merveille.
Hester, elle, a besoin de Tye pour se "remettre en selle" (dans tous les sens du terme), et se réapproprier une estime de soi bien écornée par une histoire calamiteuse, bien que banale. Hester est une héroïne qui prend son temps et qui doute. Elle pense "amitié" quand il espère "amour", et leurs sentiments se confortent au fil du livre en même temps que leurs scènes d'amour déclinent tout un panel de pratiques amoureuses libératrices. 
J'ai adoré l'utilisation des différentes langues qui court dans tout le roman : on retrouve l'usage du gaëlic, mais aussi du latin, avec ces jeux érotiques entre Tye et Hester où la parole se libère. L'élocution particulière de Tye, son phrasé et son emploi incroyablement élégant et sexy de l'anglais sont régulièrement mis à mal par les interventions de Fee qui ne comprend pas la plupart des mots qu'il utilise et qui les distord avec une fraîche naïveté. De même, l'utilisation permanente des majuscules pour qualifier des comportements est vraiment très drôles, ou l'usage des noms (les titres, les prénoms, les surnoms) donne beaucoup d'indices sur l'état psychologique des personnages. Ou l'utilisation des jurons par Tye lorsqu'il est stressé, et qui m'a régulièrement mis le sourire aux lèvres. Grace Burrowes se régale à opposer la retenue policée des anglais à l'exubérance presque latine des écossais, en confrontant les deux héros Ian et Tye dans des scènes qui exsudent de charme ! 
Ainsi, lorsque Tye explique à Ian MacGregor que Fiona doit l'accompagner en Angleterre :
"To see the girl leave Balfour House about tore the heart from my chest."
Scottish hyperbole, no doubt.
"She's a delightful child."
Which was English hyperbole.
Cette auteur adopte ainsi plusieurs registres avec une grande virtuosité , maniant à la fois un humour frais, mais aussi grinçant et pince-sans-rire, teinté d'une certaine nostalgie, et des passages plus intérieurs ou carrément touchants. Son écriture, qui fait la part belle à toutes sortes de sensations, est précise et très sensuelle. Et ses scènes d'amour, très dialoguées, très variées aussi, sont vraiment sexy, sans jamais tomber dans la vulgarité.
Les personnages secondaires, une fois encore, ont droit à une vraie place et ne font pas que de la figuration : Ian et Augusta, les héros du tome 1, occupent la scène durant toute l'histoire, et c'est un pur bonheur de les retrouver aussi amoureux, préoccupés de leur "Bairnship" (leur bébé-roi). Ian est un amour de personnage, aussi craquant et sexy que dans le tome 1. Et l'amitié qui se profile entre Ian et Tye laisse augurer de belles scènes entre les deux hommes dans le prochain tome. Surprenante, aussi, la façon de traiter l'histoire des parents de Tye, une histoire secondaire qui trouve ici son aboutissement. Comme dans le tome 1 où l'on avait trois histoires d'amour en même temps, dont la principale, évidemment ! Et Fiona, la fillette-lutin de l'histoire, est incroyablement bien rendue, vive, un rien têtue, avec ses réparties savoureuses. 
J'ai éclaté de rire à plusieurs reprises, je me suis régalée de ce beau phrasé et j'ai même versé quelques larmes !
Voilà certainement une auteur qui mérite d'être connue...
Donc cet avis un rien longuet, on peut le résumer en quelques mots : je savoure !
, 25 / 5



2 commentaires:

  1. Dommage que mon anglais ne soit pas aussi bon que le tiens, je vais devoir attendre qu'il le traduise!

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  2. Il faut espérer q'un éditeur français se penche un jour sur cette auteur, très prolifique et appréciée de l'autre côté de l'Atlantique ;-p

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