Une citation

UNE CITATION
A slow grin spread across Trent's face.
"I believe it's time for bed," he said conversationally.
"It's not even time for luncheon," she protested.
Her husband's smile hadn't a trace of that quiet darkness he usually carried with him.
"That was a ducal order," he clarified, eyes gleaming.
It was foolhardy to let him know how much she adored that commanding tone, so she just slipped from the table. He grabbed her arms.
My American Duchess - Eloisa James

jeudi 1 mai 2014

The Bridegroom Wore Plaid de Grace Burrowes

Tome 1 de la série "MacGregor Trilogy"
Sourcebooks Casablanca - Janvier 2012
Résumé éditeur (Traduction everalice) : Ian MacGregor a des vues sur une femme qui ne peut absolument pas lui convenir, dans tous les sens du terme. Pourtant, en sa qualité de dernier comte de Balfour, il se doit d'épouser une héritière anglais, ce qui lui permettra de redresser la fortune familiale.
Mais Ian reconnaît, en la personne du chaperon désargenté, Augusta, qui accompagne sa promise, tout ce dont il a toujours rêvé.
L'histoire
En préambule, une petite mise au point : qu'on ne s'y trompe pas et qu'on ne se laisse abuser ni par la couverture, somme toute assez médiocre, ni par le titre, un rien racoleur. Cette histoire, si elle se peut se résumer effectivement en très peu de lignes, extrait d'une situation banale et mille fois vue en romance une matière assez travaillée pour donner un air de renouveau à l'ensemble.
Ce qui a été une très agréable surprise !
Dans les années 1850, le Comte de Balfour, Ian MacGregor, depuis que son frère aîné, Asher, a disparu au Canada, mais surtout laird de son clan, se doit de payer lourdement le tribut du à sa charge.
L'Ecosse se relève à peine d'une grave crise agricole qui a laissé la plupart des familles écossaises très démunies. Nombre d'Ecossais ont été poussés à l'exil, au Canada ou en Amérique. Bon an mal an, la famille du laird MacGregor survit de quelques cultures capricieuses, et bénéficie, grâce à la royale présence de leurs voisins, la reine Victoria et le prince consort Albert, qui, fort heureusement, ont mis leur région à la mode, de la venue dans leur domaine de quelques hôtes payants, issus de la haute aristocratie. Mais cela s'avère insuffisant. Et c'est avec un sentiment proche du désespoir, mais déterminé, que Ian se résout à rechercher la main d'une riche héritière anglaise que le père est avide de marier à un titre, tout écossais soit-il.
La famille Daniels débarque ainsi dans la demeure familiale, Miss Eugenia Daniels, l'aînée, la future promise, celle qu'il faut courtiser ; sa jeune sœur, Hester, et leur frère aîné, Matthew, ainsi que leur père. Sans oublier deux chaperons, Julia et Augusta. La famille MacGregor se prépare à les accueillir, soudée autour de l'objectif commun : les trois frères, Ian, Gilgallon et Connor, leur soeur Mary Fran et leur nièce, Fiona, se serrent les coudes et sont prêts à accueillir pour plusieurs semaines cette famille anglaise, en mettant les petits plats dans les grands pour donner à Ian toute latitude de se faire apprécier et connaître. Faut-il le préciser? La fratrie MacGregor a un charme fou...
Tout ce monde se met donc en place pour danser sur un air de sarabande connu d'avance. Presque une routine, croirait-on.
Mais, insidieusement, l'histoire laisse entrevoir des failles dans la mécanique. Un profond sentiment de solitude et de désillusion balaye les premiers chapitres, une sorte de fatalité qui plombe l'atmosphère comme les consciences des héros. On assiste là à une sorte de comédie des sentiments désenchantée, quelque chose qui est à la fois nostalgique et très vif.
Ian, comme Augusta, comme Eugenia, comme Julia, ou comme Mary Fran et Matthew dont on connaîtra mieux l'histoire dans la nouvelle qui suit, sont des êtres vouées à la solitude et malheureux, qui tous méritent de trouver le bonheur. Genie qui ne veut pas de Ian, et tombe amoureuse d'un autre ; Mary Fran qui méprise profondément les anglais après été amoureuse d'une canaille anglaise, le père de sa fille Fiona ; Matthew, anglais jusqu'au bout des ongles, qui se remet difficilement d'une expérience amère liée à son passage dans l'armée ; Julia, jeune veuve éprouvée par la solitude et qui meurt d'aimer et d'être aimée ; Augusta qui vit dans une ferme reculée du Kent en compagnie d'une vieille tante, après avoir passée son enfance dans le faste d'une famille fortunée.
La rencontre de Ian et d'Augusta a quelque chose de magique et de diffus : l'amour ne leur tombe pas dessus, mais se construit, discret, presque inaudible au début, à petits pas, dans l'amitié naissante, la considération, la complicité et les confidences, avec une envie, presque un souffle, de sensualité refrénée par le sens du devoir et de l'honneur... Chacun se sent, inévitablement, attiré par l'autre.
Et peu à peu tout au long du roman, l'amour devient comme une évidence et prend une place de plus en plus importante, avec une voix qui porte et des exigences multipliées.
Ian est un homme adorable, honnête, simple et franc, entièrement préoccupé par son honneur de laird, et surtout de bonne foi. Il ne peut s'empêcher de s'étonner des sentiments qu'éveille Augusta en lui. Augusta, cousine délaissée de la famille Daniels, est elle tout de suite sensible à la présence du bel écossais, à sa voix, à son odeur, à son accent et à son usage du gaëlique. Esseulée, aussi, sensible et pragmatique, elle répondra, inopportunément, en parfait contrepoint, à toutes les attentes de Balfour.
Autour d'eux, les couples et les histoires d'amour vont se faire, fragiles, indécis, et tout aussi périlleux. Au fil des semaines, ces anglais et ces écossais vont devoir cohabiter,  la tradition écossaise encore très marquée : port des kilts, sens de la famille élargie, solidarité, honneur et franc-parler (le côté barbare qui ressort dit l'un des frères), se heurtant régulièrement au froid mépris d'Altsax Daniels, le père de famille anglais, dont les motifs secrets sont très peu avouables.
Ian, dont l'esprit de famille lui commande de prendre Genie pour épouse, et Augusta, dépourvue de fortune, ne peuvent pourtant pas se résoudre à passer à côté de quelques instants de bonheur.  

Mon sentiment
Ce roman est une vraie découverte et il est excellent.
Le ton est moderne, vif et doux à la fois. Tous les personnages sont extrêmement vivants et attachants, reliés entre eux, dans ce huis-clos écossais, par des relations pleines d'humour et d'intelligence, qui donnent lieu, parfois, à des dialogues ou à des réactions assez surprenantes et charmantes.
Grace Burrowes parle d'une histoire très simple, mais sait la rendre fascinante, ne serait-ce qu'en maniant avec talent le ressort highlander de ces années modernes, le rendant en même temps infiniment sexy et nostalgique, d'une manière irrésistible ( l'usage du gaëlique laisse rêveuse). Rien, dans cette histoire n'est si convenu qu'on aurait pu le craindre et les pages se tournent pour ainsi dire toutes seules. J'ai quitté Ian et Augusta avec regret et j'aurais aimé les accompagner encore un petit bout de chemin tant je les ai trouvés séduisants, tendres et amoureux.
Subtilité, élégance et belle écriture donnent à l'ensemble un goût imparable de "Revenez-y". Ce qui est formidable, puisque l'auteur, très prolifique, a réussi à faire éditer en un rien de temps une bonne vingtaine de romans. 
/5

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