Une citation

UNE CITATION
A slow grin spread across Trent's face.
"I believe it's time for bed," he said conversationally.
"It's not even time for luncheon," she protested.
Her husband's smile hadn't a trace of that quiet darkness he usually carried with him.
"That was a ducal order," he clarified, eyes gleaming.
It was foolhardy to let him know how much she adored that commanding tone, so she just slipped from the table. He grabbed her arms.
My American Duchess - Eloisa James

mardi 21 avril 2015

Le maître du secret de Joanna Bourne


Tome 3 de la série Spymasters
Tome 1 dans l'ordre chronologique
J'Ai Lu - Juillet 2015
Titre VO : The Forbidden Rose
Résumé (Traduction everalice) : Marguerite de Fleurignac, qui faisait autrefois partie de la classe privilégiée des aristocrates, se cache sous la fausse identité d'une pauvre gouvernante. William Doyle, le meilleur des espions anglais, a un compte à régler avec elle.  Il la reconnaît lorsqu'il la déniche parmi les ruines de son château brûlé. Inexorablement entraînés dans les remous furieux de la révolution à Paris, ils prennent le risque de tout miser sur un amour promis à  la trahison.
Lu en VO
Voilà pourquoi on aime tellement lire ! Pour, au détour d'un innocent roman, mordre à belles dents dans ce genre d'univers, habité, foisonnant, plein d'échos, de souffles, de voix, et de vibrations.
Pourtant, ce n'est qu'une histoire d'amour. Et un livre d'espionnage. Et un récit d'aventures.
Des genres mineurs, en quelque sorte. Mais quel tourbillon ! Et quelle écriture ! 
Du début à la fin, on a une impression de montée en puissance, comme une vague inexorable qui nous emporte.
Rythme échevelé, complexité dense des personnages, acuité des contextes, avec cette résurrection de la France et du Paris de l'année 1794, en pleine Terreur, frissonnant de complots et de paranoïa, font, grâce à la prose impressionnante de l'auteur, de la rencontre de Maggie et de Doyle une des plus belles histoires que j'aie pu lire. 
Parfois, je m'arrêtais de lire, tant la beauté des tournures et des mots m'explosait à l'esprit. L'auteur sait aussi bien exprimer la rage, que transcrire l'angoisse ou la beauté.  Chaque phrase est harmonieuse. Elle sait même exprimer la multitude de langues ou d'idiomes régionaux sans user et abuser des transcriptions littérales, souvent gênantes à la lecture, se contentant d'évoquer, de manière très juste, les sonorités ou des attitudes corporelles des personnages, et franchement, on s'y croirait.
Le texte en VO étincelle de force, de poésie, de fraîcheur, d'humour et d'ironie. Il est parsemé de métaphores et de comparaisons merveilleuses. Par exemple, Doyle, vu comme un paysage de montagne tout au long de l'histoire, avec cette espèce d’inamovibilité et de force tranquille. Ou la traversée des carrières souterraines de Paris, comme une descente aux enfers inversée du mythe d'Orphée et d'Eurydice, ou celui d'Ariane et du Minotaure, où Maggie ressuscite son géant : ombre dans la nuit d'un puits, elle attend en sentinelle, parant ses orteils de feuilles d'or, pour plaire à son homme, dans une espèce de scène onirique et détachée de tout.
Certaines pages m'ont font battre le cœur à 150 à l'heure, de peur et d'anticipation, d'autres m'ont tiré des larmes, et parfois j'ai ri ou fondu de tendresse. Un panel d'émotions qui m'a pratiquement empêchée de poser mon livre tout le temps qu'a duré ma lecture !
Les deux héros, Doyle et Maggie, sortent de l'ordinaire de nos A&P : Doyle n'est pas beau, il est massif et musclé, à l'image des  nouveaux héros romantiques en vogue actuellement (je pense au Temple de Sarah MacLean ou à l'Appolo d'Elizabeth Hoyt), mais il dégage une impression de puissance et de maîtrise très séduisante.  Tous deux sont aussi déterminés, aussi malins et doués, et surtout amoureusement tendres et attirés. L'alchimie est parfaite : aucun ne tire à soi la couverture, à tel point que je les ai aimés autant l'un que l'autre.
Quant à la galerie des personnages secondaires, elle est sensationnelle. Parmi eux, Adrian Hawker, le héros de The Black Hawk, a ici 12 ans, mais quelle personnalité complexe ! Son avenir se joue d'ailleurs dans ces pages, son passé d'enfant assassin lui colle à la peau, tandis que Justine, sa promise ennemie, apparaît, ainsi que Paxton, captivant à 15 ans, assassin déjà très expérimenté des Services anglais. J'ai retrouvé dans ces portraits d'enfants aguerris, mais aussi dans cette puissance d'évocation, beaucoup du talent de Laura Kinsale (là, je pense au saisissant For my Lady's Heart). C'est une filiation qui n'est sans doute pas due au hasard, car cette auteur manie elle aussi une écriture puissamment évocatrice. Et d'ailleurs, je l'adore^^
De rebondissement en rebondissement, de secrets éventés en non-dits menaçants, le roman lance   encore à la fin de nouvelles pistes qu'il me tarde de démêler. Au passage, Joanna Bourne se permet de refaire la grande histoire. Au diable la vérité historique ! Robespierre chute, vous allez savoir pourquoi. Et c'est diaboliquement amené !
Joanna Bourne a fait chanter mon cœur et mon esprit de bonheur avec son histoire d'espionnage au temps de la Révolution française. C'est un vrai coup de cœur !
 /  5

NB. Il faut essayer de lire ce tome-ci avant les autres, car c'est un préquel de la série : il se passe en 1794 alors que Le maître du jeu se situe en 1802.

5 commentaires:

  1. No Comment...Vilaine tentatrice...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Cette série ne plaît pas à tout le monde, d'après ce que j'ai pu lire de ci de là... Mais Outre-Atlantique, elle est très bien notée. Deux tomes ont d'ailleurs remporté le Rita Awards. On peut lui reprocher son manque de "passion", mais elle est très écrite, avec des intrigues complexes et travaillées, un vrai travail d'orfèvre.Elle convient parfaitement quand on a envie d'une lecture un peu plus élaborée qu'une romance historique "de base" ! J'espère que la traduction sera à la hauteur du texte original ! C'était le cas pour Le maître du jeu, mais moins pour Le maître de mon cœur. Affaire à suivre ! J'espère que ce tome te plaira. Pour l'instant, c'est mon préféré ♥

      Supprimer
    2. Je vais le noter Everalice. Par contre, comptes tu le relire en Vf ou en rester sur ton ressenti en vo?

      Supprimer
    3. Quand j'ai aimé un livre lu en VO, je le rachète toujours en VF. Mon côté collectionneuse curieuse et fanatique^^ Ça me permets aussi de me faire mon avis sur la traduction et d'en faire profiter les non-anglophones, même si on n'y peut pas grand chose, hélas ! Je repasserai donc par ici dès que cet A&P sera sorti ;-)

      Supprimer
    4. Génial, merci d'avance alors pour ce futur commentaire qui je l'espère sera positif concernant la Vf ^_^

      Supprimer