Une citation

UNE CITATION
A slow grin spread across Trent's face.
"I believe it's time for bed," he said conversationally.
"It's not even time for luncheon," she protested.
Her husband's smile hadn't a trace of that quiet darkness he usually carried with him.
"That was a ducal order," he clarified, eyes gleaming.
It was foolhardy to let him know how much she adored that commanding tone, so she just slipped from the table. He grabbed her arms.
My American Duchess - Eloisa James

samedi 18 janvier 2014

Fausses fiançailles de Mary Balogh


Tome 3 de la série des "Bedwyn"
J'Ai Lu - Janvier 2014
Titre VO ; Slightly Scandalous
Résumé éditeur :  Lors d'une halte dans une auberge, Freyja Bedwyn, en route pour Bath, est abordée par Joshua Moore, marquis de Hallmere, qui, pour échapper à un mariage arrangé, lui propose de se faire passer pour sa fiancée.

Lu en VO

L'histoire
Lady Freyja Bedwyn... Freyja... Freyja, un prénom peu commun pour ce personnage féminin atypique, tout en angles, épineuse et épidermique jeune femme.
Tranchants comme des lames de rasoir, sa langue, son regard, son visage, sa personnalité, la situent à la lisière des autres mortels, hors d'atteinte, farouche produit de son aristocratique statut et de son mépris hautement prononcé des convenances.
Bien qu'elle soit dotée d'une chevelure blonde de walkyrie, comme un héroïne wagnérienne, je n'a pu m’empêcher de la coiffer, pendant toute ma lecture, d'une chevelure noire, à l'image d'une héroïne méditerranéenne, au sang chaud, au courage affirmé - imprudente, une créature flamboyante et difficile à appréhender.
Insolente Freyja, impertinente, mais aussi dure et cinglante, c'est donc une sorte d'amazone blonde (ses cheveux) et brune (ses sourcils, sa complexion), qui utilise les mots comme elle donne les coups de poing, sans retenue, comme une sale gamine mal grandie, que nous devons apprendre à aimer - un tour de force, dans cet univers romantique où toutes les héroïnes sont, au minimum "aimables". Pas elle. 
Mary Balogh donne le la de sa partition avec cette personnalité tout en contraste. Elle va nous faire jongler avec des extrêmes, tout au long du récit, avant de parvenir au but ultime : l'adéquation parfaite entre deux êtres.
Une fois encore, comme dans le tome 2, Mary Balogh n'empreinte pas les chemins les plus faciles. Son héroïne rue dans les brancards, face à Joshua Moore, Marquis de Hallmere, magnifique éphèbe blond au regard pétillant, brillant de rire et de joie - miroir de son âme? - miroir du vide ou du plein, s'interroge Freyja qui voudrait n'y voir que du vide - tant elle a peur.
Et ces deux êtres, de concert, au gré de vraies-fausses fiançailles, se mettent en route, côte à côte, pour affronter leurs démons en exhumant de leurs différences tout ce qui les rapproche.
Joshua, aussi souriant et espiègle qu'elle est hautaine et froide, aussi surnaturellement beau qu'elle est parsemée de défauts physiques, aussi avenant qu'elle est rigide, aussi ouvert aux autres qu'elle est arc-boutée sur son quant-à soi. 
Freyja, vous l'imaginez? 
Joshua ne cesse de lui donner du "Sweatheart " ("Mon petit coeur") et du "My charmer" ("ma charmante") ! Le brillant et joyeux gazouillis masculin contre la dureté minérale de la femme. La lumière et le granit. Pour mieux s'absorber et se consolider. Pour mieux s'exalter.
Comme on peut s'en douter, tout cela est une façade, mais pas seulement... 
Freyja est vraiment une jeune femme abrupte, mais plus encore, Joshua est vraiment un jeune homme charmant, mais plus encore.
 Leur histoire tient dans ce plus encore.
Durant trois longues scènes, la première à Bath, lieu de leur rencontre, la seconde à Lindsey Park, au milieu des Bedwyn, la dernière à Penhallow, la demeure familiale de Joshua, ils vont poursuivre ce jeu de miroir, entourés de protagonistes qui joueront pleinement leurs rôles dans cette révélation. Que la galerie de personnages, riche, envoutante, joue ici le rôle de colonne vertébrale du récit est évident. Tous sont utilisés avec un sens brillant du jeu dramatique. Je ne vais pas les citer tous, mais je donnerai une mention spéciale à Aidan et Eve, les héros de Un Mariage en blanc, en couple-miroir, lui idéalement viril et impénétrable, elle tout en douceur et en rondeur. Wulfric, le grand chef du clan Bedwyn, comme toujours, en grand ordonnateur de la marche du monde, impose un cadre formel à ce jeu d'apparences. Et pour celles qui aiment l'univers de Balogh, certaines héroïnes des Demoiselles de Bath font ici leur apparition : Miss Martin et Anne jewel.

Mon sentiment
Pour qui a lu Le bel été de Lauren, le nom de Freyja a une résonance particulière. Comment rester indifférent à cette personnalité hors du commun, fiancée, "mais pas vraiment", au Kit de Lauren, et dont l'inénarrable interrogatoire lors de sa rencontre avec Lauren à Lindsey Park restera longtemps dans ma mémoire comme un modèle d'impertinence, de muflerie brillante, méchante et jubilatoire...
Tout l'art de Mary Balogh se retrouve dans ce roman : comment faire se rejoindre deux points situés aux extrémités d'un segment pour au final construire une médiatrice parfaite.
Les réserves que j'émettrais sont un peu formelles, et c'est tout, tant je reste sous le charme de l'auteur. Il m'a semblé que certaines scènes auraient mérité d'être écourtées, avec des répétitions un peu contraintes. Mais je n'ai vraiment pas boudé mon plaisir - même si j'aurais voulu parfois secouer Joshua et baillonner Freyja. Mary Balogh m'a quand même fait pleinement aimer son histoire et son univers - je crois qu'il faudrait qu'une brique me tombe sur la tête pour que je ne sois pas conquise.
 / 5

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire